« 2007-09 | Page d'accueil | 2007-11 »

31 octobre 2007

CONTE DE CAMPAGNE (1)



Plantons le décor



Il était une fois un pays béni des dieux, un pays de cocagne, un pays tranquille. Le décor et l’environnement y étaient pour beaucoup.
Le ciel bleu, la mer, le soleil, les étangs, la garrigue, les montagnes, les villes et les villages avec leurs rues tortueuses, leurs places ombragées, leurs vielles pierres chargées d’histoire. C’était un pays où il faisait bon vivre.
La vie n’était pas toujours facile pour tout le monde mais tous étaient vaguement conscients d’être des privilégiés. On était peut-être moins riches que les gens du Nord mais on n’arrivait pas à les envier! Au contraire on les plaignait.


Il arrivait que l’on s’enflamme mais c’était généralement en paroles, c’était souvent un feu de paille ; et on revenait vite à la vie paisible. Trop paisible ?


Il fallait bien élire des chefs ; généralement le pays se choisissait des chefs à son image. Tranquilles. Trop tranquilles?

Un jour, par accident, par lassitude, par indifférence, un chef d’un nouveau genre fut choisi. Jeune, intelligent, instruit, courageux, dynamique, tacticien, volontaire mais surtout ambitieux et manipulateur. Il voulait mettre le pays à son service. Sa recette était très simple… et très efficace.
Il fallait de l’argent, le nerf de la guerre, comme chacun sait. Ce fut fait en pressurant une minorité de citoyens étiquetés « riches propriétaires » et en mettant au point un mécanisme, flou mais élaboré, d’achat et de revente de terrains et de logements, générateur de profits substantiels.
Il fallait pouvoir s’appuyer sur un clan dévoué sûr et fidèle capable de faire fonctionner les différents mécanismes soigneusement mis en place. Ce fut fait en utilisant la famille – au sens large- et en achetant les talents indispensables.
Il fallait s’attirer la bienveillance des gens les plus actifs. Ce fut fait en subventionnant les associations et en les couvrant de louanges aussi longtemps qu’elles n’étaient pas critiques du pouvoir en place.
Il fallait s’attirer la bienveillance ou, à tout le moins, la passivité des autres. Ce fut fait grâce à un savant mélange de flatterie, d’assistance calculée, de fêtes étourdissantes, de services « gratuits » bien ciblés et mis en scène.

Pendant longtemps cette stratégie se révéla payante. Le chef, de plus en plus habile et expérimenté, tenait son monde bien en main ; il excellait à réprimer les tentatives de rébellion. Il adorait faire étalage de son savoir-faire dans ce domaine, n’hésitant pas à ridiculiser en public ceux qui, même de sa famille, osaient un début de critique.

Mais après trente ans de règne, alors qu’il ne donnait aucun signe de vouloir se retirer en douceur, le climat commençait à changer. Et des élections approchaient. D’habitude ce n’était pas un problème car l’opposition était divisée et la machine du chef était bien huilée. Il n’y avait pas de surprise. Mais là, dans une élection périphérique, il venait d’y avoir une petite alerte qui avait pris tout le monde de court. Et le chef avait donné des signes de lassitude. Ses dérapages commençaient à effrayer même ses fidèles électeurs. Des membres de sa « famille », d’ordinaire serviles mais sentant le danger, tentaient maintenant de se démarquer.



Heureusement, il pouvait toujours compter sur l’opposition dont la priorité, comme d’habitude, était de se déchirer. Grâce à elle, il savait qu’il n’y avait pas péril en la demeure.



Néanmoins il fallait resserrer les boulons.


A suivre

SD




PS : Martine PETITOUT et l’Association des Contribuables de l’Hérault s’apprêtent à diffuser un court métrage présentant la gestion de la ville sous un jour original.
Attention, là, ce n’est pas un conte...

16:40 Publié dans Actualités , Démocratie , Fiscalité locale , Logement et urbanisme , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales