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28 février 2008
CHEFS
L’objectif du chef politique, si l’on en croit Georges FRÊCHE, un orfèvre en la matière, c’est d’assurer sa réélection. Il a très franchement expliqué sa méthode, dite « des petits oiseaux ».
La méthode frêchienne se veut réaliste ; les électeurs sont incapables de réfléchir, de comprendre la complexité des problèmes qui se posent au niveau de la ville. D’ailleurs, ça ne les intéresse pas. Ou ils n’ont pas de temps à y consacrer. Donc il faut réfléchir et décider à leur place. Il faut les convaincre que les décisions prises en leur nom sont les meilleures et qu’ils ont bien de la chance d’avoir un chef aussi clairvoyant et efficace qui ne se préoccupe que de leur bien. Au nom de l’efficacité, le rôle assigné au citoyen de base est d’approuver et de dire merci. Faute de quoi il risque fort de le regretter. Grâce à cette méthode Montpellier a pu avancer à grands pas, il y a eu de grandes réalisations. On a de beaux bâtiments de prestige, un quartier Odysseum impressionnant, de beaux festivals, des ambassades un peu partout dans le monde et, bientôt, une nouvelle mairie hi-tech. Mais a-t-on répondu aux attentes et aux besoins essentiels des Montpelliérains ? Rien n’est moins sûr. Le chômage est trop élevé ; la région est pauvre ; l’économie sous respiration artificielle, la circulation et les transports sont difficiles ; les infrastructures routières, l’assainissement et le traitement des ordures sont en retard, les tensions sociales sont fortes, le climat social est lourd, la presse est en semi-liberté.
La ville vit grâce à des expédients bien connus et rappelés dans les clips vidéos de l’ACH34 visibles ci-dessous.
Il y a bien une autre méthode plus optimiste. Considèrer que les citoyens sont capables de réfléchir et de décider de leur destin pour autant que l’on les y aide. Tenter de rapprocher les gens plutôt que d’exacerber les tensions. Prendre son temps pour expliquer, dégager des convergences et des consensus. Ne pas répugner , pour les grands projets, à présenter plusieurs options au vote des citoyens. Préfèrer aider les gens à être actifs et indépendants plutôt que les maintenir dans des situations d’assistanat servile.
Dans la première méthode on considère que les citoyens sont des médiocres à qui il faut faire peur tout en leur donnant du pain et des jeux pour qu’ils acceptent docilement leur sort. Dans ce contexte quelqu’un qui réfléchit et conteste des choix du chef est un perturbateur qu’il convient d’écraser.
Avec la deuxième méthode le chef a pour ambition de responsabiliser les citoyens et de les aider à faire des choix raisonnés et à en assumer les conséquences.
Pour l’instant les Montpelliérains plébiscitent la méthode « réaliste » et choisissent le chef adapté, chef de cuisine ou chef de bande.
C’est dommage.
SD
08:00 Publié dans Démocratie , Economie, emploi , Municipales 2008 , Politique , Qualité de vie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
La majorité des montpelliérains a donc fait un choix clair: l'abstention, le refus de s'engager. Position confortable qui permet de critiquer tout et de n'être responsable de rien.
Comment convaincre les abstentionnistes (et les autres à vrai dire...) que "ça vaut le coup" de s'engager, que les hommes politiques ne sont pas "tous pourris", que voter pour désigner un maire demande un peu plus de réflexion que voter pour désigner le vainqueur de la Star Academy.
Pour ceux qui aimeraient "changer d'air" c'est tout de suite qu'il faut se mettre au travail pour préparer les prochaines élections municipales!
Ecrit par : SD | 18 mars 2008





