10 mars 2008

LIBEREZ LES PUCES OCCASIONNELLES !

"Coup de griffe" d'une Montpelliéraine


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A l’heure de la messe, nos valeureux agents de la paix déploient toutes leurs forces sur le front du marché aux puces de la Mosson. Ils traquent, interpellent, verbalisent, refoulent sans relâche les misérables qui osent y proposer leurs fripes SANS avoir dûment supporté la charge de 12 € imposée par la mairie. La chasse aux « sans-billet » est ouverte : 130 € l’amende, de quoi dissuader même les moins nécessiteux. !

Pourtant, à l’évidence, de celui qui vend quelques babioles pour arrondir ses fins de semaines à celui qui y achète ce qu’il ne peut se permettre ailleurs, les puces de Montpellier sont pour beaucoup le marché du pauvre.dbe8aff1e4e8b6ad12848dbfe75b6d70.jpg
Le pauvre des puces, c’est souvent le sans-emploi qui retrouve un semblant de vie professionnelle en jouant au vendeur du dimanche ou celui qui met toute sa fierté à acheter pour un prix dérisoire plutôt que de mendier. Chacun sa dignité !

Les puces de Montpellier, c’est aussi le bazar de ceux qui vendent plutôt que de jeter les surplus de notre société de consommation. Qui ne rêve de débarrasser ses armoires des fringues assez-vues-et-pourtant-jamais-portées ? L’un récupère trois sous en faisant plaisir à l’autre (pour ceux qui ne suivraient pas : l’autre est celle qui achète vos fringues qu’elle n’a jamais vues auparavant et qu’elle mettra enfin ! ). Chacun y trouve son compte pour un prix symbolique. Les puces sont ainsi un excellent mode de recyclage !
Ce marché est bourré de vertus sociales et économiques.f18304c22f51f8519dd2d9b3c7758ffe.jpg

Il en a d’ailleurs tant que son accès aux vendeurs « à pied » est une singulière épreuve de mérite :
-débourser 12 € le mercredi matin, au seul guichet de la Paillade, sans savoir s’il ne pleuvra pas le dimanche, s’il sera possible de déballer…

Quoi qu’il advienne les places ne sont pas remboursables !

- Enfin si le temps le permet, en arrivant très tôt le dimanche il est envisageable de ne perdre qu’un ou deux euros dans la matinée. La recette dépend du volume de marchandises que l’on peut transporter sur son dos.

Dépenser à coup sûr 12 € pour tenter d’en «gagner » 10 ou 11, aucun bon gestionnaire ne s’y hasarderait.

Voilà pourquoi tant de vendeurs occasionnels bravent tous les risques, défient la police, entrent en fraude, refusant de payer un droit d’entrée prohibitif à la mairie.

Le voyage en tramway gratuit à Montpellier, pourquoi pas ? L’accès aux puces gratuit pour tous les vendeurs occasionnels montpelliérains aussi !!

CP

13:20 Publié dans Coup de coeur/Coup de griffe , Qualité de vie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

24 janvier 2008

MONTPELL'OUEB, AGITATEURS SANS PAPIER(S)


2aeac06bddaa81bbb57dd9b36193b6f7.jpgPour ceux qui ont vécu, jadis, au rythme des « nouvelles aventures» de Tintin, la profession de journaliste, comme celles de pilote d’avion ou pompier, inspirait leurs rêves de petits garçons. Elle avait un parfum d’aventure et d’indépendance. Quand on exerçait une telle profession on était nécessairement populaire, honnête et droit. 5e28cf761f495084b2728d0bc6517324.jpgDans un monde en noir et blanc ont était alors clairement du côté des « bons ». A la fin, on sauvait des innocents et on triomphait des « méchants ». On était un héros. C’était simple.
Mais nous avons vieilli. Tintin aussi. Le monde aussi. Plus rien n’est simple. Les anciens métiers d’homme font rêver les petites filles. Les bons sont souvent moins bons qu’ils paraissent et les méchants ont de bons côtés.
Etre journaliste, de nos jours, c’est difficile. La profession ne fait plus rêver ; c’est un métier comme les autres. Le journaliste est tombé de son piédestal et, comme souvent dans ce cas là, nous avons tendance à brûler ce que nous avons adoré. Le journaliste est surtout coupable de ne pas être à la hauteur de nos rêves. Et, comme pour les politiques, on en vient à douter systématiquement de son honnêteté, de son impartialité. On l’accuse de toutes les turpitudes : c’est un courtisan, il est aux ordres, il navigue à vue, il ne veut pas déplaire aux puissants.
Dans les sphères dirigeantes locales le journaliste critique n’a pas bonne presse. On récompense la presse porte-queue ; on étrangle la presse indépendante. Etre un honnête journaliste est encore plus difficile ici qu’ailleurs.
Et pourtant, même chez nous, il y a de l’espoir.
Notre grand quotidien de référence, malgré sa grande dépendance financière au pouvoir local, tente de plus en plus souvent de relever la tête.
L’Agglorieuse a résisté, jusqu’à présent, à toutes les tentatives d’euthanasie.
Et il convient de saluer un nouveau-né, Montpell’oueb. Voilà une équipe jeune, innovante, sans complexe, sans grands moyens mais riche d’enthousiasme et d’originalité. Ils ont choisi un mode de diffusion résolument moderne et écologique; ils sont réactifs et incisifs, bien dans l’air du temps. Bienvenue au petit dernier.

Allons, tout n’est pas perdu !

16:59 Publié dans Actualités , Coup de coeur/Coup de griffe , Démocratie , Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique montpellier presse

26 juin 2007

PANEM ET CIRCENSES


Pas d’outrance, pas d’excès, pas de provocation.



Ce samedi 23 juin 2007, notre auguste président régional multicartes (vidéo ici) fait dans la retenue, dans la sobriété, dans la tolérance et dans l’œcuménisme. Il inaugure le fameux stade de rugby du 21ème siècle, en cours de finition dans la partie sud-ouest de la ville.

Il se veut donc modeste – tout est relatif, bien sûr…- , désintéressé, dévoué à la cause des Montpelliérains. Il remercie tout le monde, même son « ami » le président du Conseil Général, même son «amie» la maire de Montpellier. Apparemment le « ruby » le rend plus aimable ou plus amnésique. Il feint de ne pas remarquer l’OVNI qui flotte au dessus de lui. Objet impressionnant de loin, siglé « Agglo de Montpellier » ; en fait une simple baudruche pleine de vent qui regarde les gens de haut .
Quelle impertinence !




Montpellier (c'est à dire lui et ses amis, je suppose) attend ce jour depuis 25 ans... C’est vrai ; il semble très fier de « sa » réalisation. C’est même celle dont il est le plus fier dit-il. C’est donc cela qui manquait pour faire, enfin, de Montpellier une ville prospère et apaisée. En tous cas, à défaut d'aider les chômeurs à trouver du travail, on pourra les distraire. Et ils en seront reconnaissants à notre bien-aimé président régional qui leur a "offert" – oui à ce niveau là offrir est facile ; c’est avec l’argent des autres - ce magnifique stade censé favoriser la propagation des fameuses "valeurs du rugby". Il ne faut pas sous-estimer l’aspect civique de cette dépense qui contribuera à l’éducation du peuple !
Un autre président multicartes et tous-terrains, mais de moindre importance et qui a «offert» moins, a pu profiter du micro lui aussi. Sans doute se disait il au départ que, quitte à gaspiller l’argent public, il préférait le faire sur des projets bien à lui, comme celui des Archives Départementales, plutôt que dans les projets de son « ami » qui, comme d’habitude, tirerait la couverture à lui. Mais, en vieux renard de la politique, il avait quand même mis au pot du stade quelques menus millions d’euros. Cette modeste obole lui permettait donc aujourd’hui de prendre la parole et de défendre, crinière blanche au vent, la bonne vieille rhétorique d’autrefois : « temple du rugby » ; « saisissant » ; « ode à la beauté » etc. Dans son élan il n’hésitait pas à nous dévoiler ce qui le guide : offrir la fête et le plaisir. Après avoir rappelé à l’assistance quelques fêtes et festivités en cours ou à venir ces jours-ci ( fête de la musique, festival du théâtre d’Ô, festival de danse à Grammont etc. La liste est interminable dit-il…) il explique que la ville « porte le plaisir dans sa manière d’être », qu’elle offre un « concert de plaisirs ». Sentencieusement il précise : "quand je reçois des décideurs et des investisseurs susceptibles de s'implanter ici, ils me demandent ce que le département de l’Hérault peut offrir comme plaisirs aux futurs ouvriers et employés ». Vous pourriez penser qu’avec sa liste déjà interminable de plaisirs actuels notre président départemental dispose déjà d’une bonne force de frappe. Eh bien non ; il manquait le stade de rugby qui devrait être l’argument supplémentaire qui va, enfin, faire pencher la balance du bon côté pour notre département. Donc, malgré les apparences, lui aussi (eux aussi devrais-je dire car il a plusieurs casquettes dorées), mène, à sa manière, une lutte acharnée et pertinente contre le chômage.
L’hédonisme n’est donc pas incompatible avec le socialisme …
Le cynisme, en tous cas, ne l’est plus depuis longtemps.

Ce n’est pas le cas de notre bonne maire ; un ami me confie : Cynique ta maire ? Tu n’y es pas; au contraire, le rugby la rafraîchit et la rajeunit. Regarde, aujourd’hui, c’est une gamine; elle frétille, elle s’émerveille devant la beauté du stade; magnifique ; fa-bu-leux ; mer-veil-leux ; ses yeux brillent, elle se voit déjà riche grâce aux retombées économiques du championnat. Pense un peu, elle l’a annoncé fièrement : la place de la Comédie va être la buvette du stade pendant les championnats ! Effectivement, on la sent prête à aller tenir le bar en cas de coup de feu trop intense ! Elle rêve à cette manne de pourboires laissés par les généreux supporters étrangers en goguette qui ne manqueront pas de l’aider à rester la maire meilleure gestionnaire de France , au moins.


Beaucoup d’autres personnalités importantes se sont auto-congratulées, se sont mutuellement félicitées et ont exprimé leur admiration réciproque.
C’était une bien belle réunion de famille, en toute simplicité, en toute convivialité. Comme il sied à de valeureux défenseurs des valeurs du rugby.
Elle s’est conclue par de joyeuses rafales de pétards et des lancers de confettis automatiques. Tout le monde était HEU-REUX. Un peu décontenancé par cette allégresse artificielle je me suis esquivé avant la fin des réjouissances. Gageons que, dans la grande tradition montpelliéraine, un copieux buffet avait été prévu pour permettre à nos orateurs et à leurs amis de se goberger aux frais de la princesse.


Du pain et des jeux. Les bonnes vieilles recettes sont les meilleures, surtout juste avant les élections.


Ils n'ont pas fini de nous faire les poches pour nous "offrir" de splendides équipements que personne ne demande…Serre tropicale, pôle multisports, centre d’art contemporain, etc. Un feu d’artifices d’inaugurations en perspective ! D’ailleurs notre bon président régional nous a prévenu. Il continue de se décarcasser pour nous.
Nous allons encore être gâtés.


Serge

PS1 : A propos savez vous ce que sont les « valeurs du rugby » ? J’ai lu que la première est le sens de l’humilité et de la simplicité.
Mais ça doit varier avec les régions…
PS2 : Le stade peut accueillir 12000 spectateurs. Samedi ils n’étaient que quelques milliers, venus en famille, paisibles ; ils n’avaient rien à payer, il faisait beau, ils n’avaient pas d’horaire fixe ; bref ils étaient détendus. Ils ont accepté sans broncher de patienter dans les bouchons sur les routes et ronds-points du voisinage. Qu’en sera-t-il si, un jour, il y a vraiment 12000 spectateurs ? Bien sûr nous avons un tramway-miracle. Mais la ligne est à 1 km ; il faut marcher. Les « valeurs du rugby » les convaincront ils qu’un kilomètre à pied est un exploit à leur portée ! J’en doute. Gare à la thrombose les jours de match !
PS3 : Le montpelliérain lambda ne peut que rester sceptique devant ce nouveau projet, démesuré pour une région pauvre, ( investissement de 63 millions d’euros et aussi, personne n’en parle, frais de fonctionnement à l’avenant). Ce stade était-il un investissement prioritaire pour la ville ? Apparemment rien n’est moins sûr. Montpellier dispose déjà dans le quartier de la Mosson d’un stade moderne de plus de 35000 places , c'est-à-dire très largement dimensionné pour le foot (il n’a jamais fait le plein de spectateurs jusqu’à présent…) ; ce stade, remis à neuf en 1997 à l’occasion de la coupe du monde de football, a encore été amélioré cette année pour pouvoir accueillir quatre rencontres du championnat du monde de rugby 2007 en septembre ; nous avions donc là des installations sportives polyvalentes, surdimensionnées, sous-utilisées, situées un peu à l’écart des zones résidentielles. Renoncer à optimiser l’emploi de ces installations et privilégier la construction ex nihilo d’un stade spécifique au rugby est une décision irrationnelle motivée par des arrière-pensées peut-être un brin clientélistes , à moins que ce ne soit qu'un nouveau joujou. C’est en tous cas bel exemple de décision prise « en haut » et imposée «démocratiquement » aux citoyens-contribuables.
PS4 : A supposer même que la construction d’un nouveau stade de rugby soit indispensable, pourquoi l’implanter en ville ? Pourquoi bétonner davantage dans une ville déjà asphyxiée? Pourquoi compliquer encore les problèmes de circulation et de sécurité déjà aigus alors que la solution de bon sens est d’insérer ces installations un peu à l’écart des zones résidentielles comme le font les autres villes , probablement sous-douées et moins visionnaires, mais terriblement plus soucieuses du bien-être de leurs habitants. Mais …chutt…. Ne gâchons pas la fête de nos pontifes !

01:55 Publié dans Actualités , Coup de coeur/Coup de griffe , Démocratie , Economie , Environnement , Fiscalité locale , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note

16 février 2007

PREEMPTION & EXPROPRIATION POUR 100 000 HABITANTS DE PLUS !!!


Droit de préemption urbain renforcé sur Malbosc, Ovalie, Grisettes, Consuls de Mer, Jacques Coeur, Parc Marianne et Jardins de la Lironde et Grand Coeur & droit de préemption urbain sur les anciennes ZAD Jacques Coeur, Euromédecine, Eurocité Est, Puech Chevalier, Mosson et Malbosc
Le droit de préemption est exercé par la Mairie lorsqu'un bien a trouvé un nouvel acquéreur, au motif de réaliser, dans l'intérêt général, des actions ou opérations d'aménagement destinées à mettre en oeuvre une politique locale de l'habitat.... Il peut être également exercé pour constituer des réserves foncières pour réaliser ces opérations immobilières. Le droit de préemption renforcé est étendu aux lots de copropriétés.

Derrière l' « intérêt général » et la « crise du logement », le clan des élus Montpelliérains au pouvoir, assisté de la SERM, défend ses intérêts particuliers :
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plus il y a de m2 construits sur la commune, plus il y a d'impôts à dépenser. Et cet argent facilement gagné sert à «acheter», sans beaucoup de contrôle démocratique, la coopération des uns et des autres.



Sous prétexte de réserves foncières, on assiste à une véritable collectivisation des terres, et plus largement des immeubles, avec pour conséquence une spoliation des propriétaires qui se voient proposer des prix inférieurs aux medium_serm1.jpgprix du marché, sans que pour autant les prix de vente du neuf baissent. Car la SERM qui a le quasi-monopole de l'aménagement foncier sur Montpellier est fort budgétivore et revend les terrains aménagés et autres immeubles au prix fort en toute opacité.

Avec le droit de préemption urbain, et encore davantage la préemption renforcée et l'expropriation, la medium_700ha.jpgmairie de Montpellier peut contrôler le marché immobilier. Est-ce le projet démocratique de Georges Frêche et Hélène Mandroux ? Serait-ce pour favoriser la transition de notre pays vers un Etat collectiviste ? Vers un système qui donne
de plus en plus de pouvoir aux décideurs publics locaux pour en faire de vrais féodaux.

18:30 Publié dans Actualités , Coup de coeur/Coup de griffe , Environnement , Municipales 2008 , Politique , Qualité de vie | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : politique