05 février 2008
ECONOMIE SOUS PERFUSION
La richesse, les revenus, les dépenses, bref les questions d'argent, restent des sujets tabous en France et, encore plus, dans notre région. Cependant les chefs de famille, ceux qui gèrent l'argent du ménage savent bien que ce sont des questions essentielles pour la survie de la famille. C'est une attitude quasiment suicidaire que d'engager une grosse dépense avant d'avoir défini un plan de financement réaliste accepté par la famille. Beaucoup de familles (pas toujours les plus modestes!) se trouvent en difficulté pour n'avoir pas su résister aux sirènes de la société de consommation, aux sollicitations des sociétés de crédit, à l'apparente force de l'argument " pourquoi pas moi?".
On pourrait attendre des maires et autres responsables politiques qu'ils se comportent en chefs de famille responsables.
Malheureusement, c'est tout le contraire qui se passe.
Ils engagent des dépenses puis réfléchissent au financement. Et le choix se résume souvent à peu de choses: quémander l'aide de l'Etat ou de l'Europe ( mais cette option, très populaire naguère, semble en perte de vitesse!), pressurer un peu plus les contribuables ( mais, même nos responsables locaux actuels sentent qu'il est dangereux de continuer ainsi) ou augmenter la dette. Cette dernière solution, la plus lâche puisque l'on reporte le problème sur nos successeurs sans, bien sûr, leur demander leur avis, semble avoir la préférence de l'agglo et de la mairie de Montpellier.
Pour la région la plus pauvre de France on pourrait s'attendre à ce que le souci prioritaire des responsables soit de créer des richesses, de la valeur ajoutée; c'est à dire d'attirer des entreprises susceptibles de créer de vrais emplois avec de vrais salaires et de vrais managers.
Ce n'est pas visiblement le souci prioritaire de nos dirigeants politiques actuels. Trop occupés, sans doute, à discourir, voyager, écrire leurs mémoires, entretenir des polémiques et des querelles idéologiques.
Le salut de notre région passe par une réhabilitation de l'économie.
Illustration avec ce court clip extrait du film
"MONTPELLIER, miroir aux illusions"
Clip "Economie sous perfusion"
Version intégrale de
"MONTPELLIER, miroir aux illusions"

20:04 Publié dans Economie , Economie, emploi , Fiscalité locale , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Montpellier économie politique
OSCAR MERITé!

Au cours du Conseil Municipal du lundi 4 février, Martine PETITOUT a remis à Madame le Maire l'
Oscar de la toupie bétonneuse.
Ce trophée récompense l'obstination avec laquelle le Maire de MONTPELLIER persiste, contre vents et marées, à couvrir la ville d'une chape de béton au sens propre comme au sens figuré.
Au sens propre le quartier de Malbosc est l'exemple le plus récent de cette politique de densification, massification, bétonnage, consistant à remplacer la nature "naturelle" par du béton -à prise très rapide- dans lequel on essaie, à la fin, quand
on ne l'oublie pas, d'injecter un peu de nature "artificielle"; grâce à quoi il est possible, en jouant un peu sur les mots, de se targuer de "préserver une ceinture verte" autour de MONTPELLIER, ce qui, par les temps qui courent, sonne mieux que "bâtir une ceinture de béton".
Au sens figuré il s'agit, bien sûr, de l'absence totale de démocratie réelle qui caractérise la gestion de notre ville.
Cette récompense arrive à point nommé; Madame le Maire, élue en 2006 "Meilleur maire de France" vient, en effet, de se voir rétrograder de plusieurs places en raison de la détérioration des comptes de la ville. C'est une mauvaise surprise et même un mauvais coup pour celle qui réfutait toute contestation de ses choix parfois hasardeux avec cet argument définitif : " cette décision ne peut être que bonne puisqu'elle a été prise par le meilleur maire de France -et ce n'est pas moi qui le dit!-".
C'est sans doute pour atténuer la déception du maire que Martine PETITOUT a tenu à lui remettre personnellement la distinction de l'
Oscar de la toupie bétonneuse.
Distinction bien méritée ( pour mémoire, cliquez ici pour consulter un précédent billet et une vidéo sur le sujet) ... que personne ne lui disputera.
Madame le Maire a accueilli cette distinction avec des cris indignés parce que cette remise de distinction n'entrait pas dans le cadre de l'ordre du jour. Puis, tentant de faire contre mauvaise fortune bon coeur, elle a envisagé de remettre le trophée "aux ouvriers du bâtiment " qui sont ceux qui le méritent le plus.
C'est une idée généreuse.
SD
00:15 Publié dans Economie , Fiscalité locale , Logement et urbanisme , Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
08 janvier 2008
DECLIN DE LA DEMOCRATIE?
Le quotidien "Le Temps" ( http://www.letemps.ch/ ) a publié le 8 janvier une interview de Guy Hermet reproduite ci-dessous.
La démocratie est elle malade? A Montpellier aussi? Est ce inéluctable? Faut il s'en réjouir? Peut on encore la sauver? A Montpellier aussi?
A quelques semaines des Municipales voila un sujet intéressant.
Qu'en pensez vous?
ECLAIRAGES : «La démocratie telle que nous la concevons va disparaître»
Date de parution: Mardi 8 janvier 2008
Auteur: Dominique Berns
Dans «L'Hiver de la démocratie», le politologue français Guy Hermet prédit l'avènement d'un nouveau régime après l'épuisement de l'Etat providence.
Nous sommes à la fin d'un régime, celui de la démocratie. Comme les élites du XVIIIe siècle qui ne s'attendaient pas à la chute de l'Ancien Régime, nous ne sommes pas conscients du fait que la démocratie va disparaître. Telle est la thèse provocante défendue par Guy Hermet dans L'Hiver de la démocratie ou le nouveau régime (Ed. Armand Colin).
- Annoncer la fin de la démocratie à une époque où le libéralisme a triomphé du communisme et où le monde compte beaucoup plus de démocraties qu'il y a cinquante ans, voilà qui révèle un goût de la provocation ou du paradoxe...
Guy Hermet: Il y a un progrès de la démocratie en extension; géographiquement, en surface ou en quantité, elle s'est étendue; de plus en plus de pays sont dits «démocratiques», même si l'on peut douter de la qualité de leurs institutions. Mais en densité, en profondeur ou en qualité, la démocratie recule. Elle s'étend en périphérie mais s'épuise dans nos vieilles démocraties. Ce noyau, affaibli, risque de ne plus pouvoir alimenter son progrès en périphérie, où elle reste imparfaite et souvent caricaturale.
- De nombreux observateurs s'accordent à diagnostiquer une crise de la démocratie dans nos pays...
- Parler de «crise», c'est suggérer que nous vivrions simplement un passage à vide, que la situation va s'arranger. C'est une vue erronée. Je crois profondément que la démocratie telle que nous la concevons n'existera bientôt plus. On en voit de multiples symptômes. En décembre 2003, la Convention européenne avait prévu d'inclure, dans le préambule de la Constitution européenne, une citation de l'historien de la Grèce antique Thucydide, citant la définition de la démocratie donnée par Périclès: pour que la démocratie existe, il convient que le pouvoir appartienne au plus grand nombre, donc à la majorité d'un corps politique qualifié de Peuple. En juin 2004, la citation a été supprimée par le Conseil européen à la demande de certains petits pays récemment intégrés ou intégrables à l'Union, qui craignaient qu'elle ne donne la majorité et donc le pouvoir de décision aux pays les plus peuplés.
- Le fait n'a pas suscité de grands commentaires. N'y attachez-vous pas une importance excessive? Dans une structure comme celle de l'Union, la crainte des petits pays n'était pas totalement injustifiée. N'est-ce pas aller un peu vite en besogne que d'y voir une réfutation de la démocratie?
- Il y a effectivement un problème, assez analogue à celui soulevé par la persistance d'une minorité face à la majorité à l'issue d'élections démocratiques quelconques. Mais pourrait-on décider pour autant de supprimer les élections? Cela reviendrait à récuser la démocratie, pour laquelle on n'a pas trouvé autre chose que la règle arithmétique de la volonté du plus grand nombre pour prendre les décisions. C'est après coup, ce principe admis, qu'il convient d'imaginer des aménagements en faveur du petit nombre.
Plus généralement, il y a maintenant un doute philosophique sur la pertinence de la souveraineté populaire. Et on en vient à récuser la volonté majoritaire qui est pourtant le noyau de la démocratie. Quand, dans un pays du Sud, les élections portent au pouvoir un parti islamiste, n'entend-on pas dire qu'il vaudrait mieux annuler les élections? Ou quand une proportion importante d'électeurs anversois donne sa voix au Vlaams Belang, certains ne pensent-ils pas qu'il conviendrait de ne pas tenir compte de leurs bulletins de vote? Ce qui vient d'être fait d'une certaine façon en Suisse, avec l'éviction de Christoph Blocher du gouvernement, en dépit de son triomphe électoral.
Surtout, sur le plan pratique, la démocratie a atteint ses limites. C'est le seul régime qui est obligé de se légitimer à chaque élection. Les promesses constituent son carburant. Au début, on a promis le suffrage universel masculin, puis le vote des femmes, puis encore l'abaissement de l'âge du droit de vote - tout cela ne coûtait pas très cher. Ensuite, on a promis la démocratie sociale: l'assurance maladie, les pensions de retraite, la sécurité sociale en général. Maintenant, la démocratie arrive au fond du réservoir des promesses réalisables. Le déclin de la démocratie - et ce n'est pas une coïncidence - accompagne la fin de l'Etat providence. Le moment approche où nos démocraties ne pourront plus faire miroiter quelque cadeau tangible que ce soit. Et, d'ailleurs, les citoyens l'ont compris: la plupart ne croient plus à un avenir meilleur pour eux et pour leurs enfants. Cet espoir, qui soutenait la démocratie, est cassé.
- Cette remise en cause de l'Etat providence n'est-elle pas avant tout un effet de l'offensive néolibérale? Autrement dit, dans nos sociétés pourtant toujours plus riches, les élites n'ont-elles pas choisi de sacrifier l'Etat providence et l'idéal d'égalité qui le sous-tend?
- Ce n'est pas pour moi l'explication primordiale. Le démontage progressif de l'Etat providence, qui est en cours même si on ne le dit pas explicitement, a commencé d'abord en Suède, sa terre de prédilection. Il n'y a pas à la base un complot néolibéral; il n'y a pas de complot d'ailleurs. L'offensive néolibérale est réelle, mais elle se greffe sur un constat d'impossibilité. Prenez le cas de l'assurance maladie. En France, le premier à avoir écrit qu'il fallait revoir le système en raison du coût croissant de la médecine fut un socialiste bon teint: ce fut Jacques Attali, celui d'il y a vingt ans, alors conseiller du président Mitterrand. Considérez les retraites. Il y a une réalité démographique; on ne peut pas continuer comme si de rien n'était. Imaginez-vous que d'ici quelques décennies, 40% d'actifs pourraient financer 60% de retraités? C'est impossible. Il y a un épuisement physique de l'Etat providence. L'offensive néolibérale s'est engouffrée dans cette faille. Avec en plus de bonnes raisons, mais aussi de la mauvaise foi. Celle-ci consiste en particulier à pratiquer une fuite en avant irresponsable dans la délocalisation des industries et des services, à raisonner comme si l'essentiel était les entreprises et les grandes multinationales, et non les sociétés et leurs habitants. Nos multinationales ne survivraient pas à l'effacement de nos sociétés.
Nos sociétés seront de plus en plus inégalitaires, injustes, même si nous ne pouvons pas nous permettre le choix d'une société aussi inégalitaire que les Etats-Unis. Un seul exemple: les retraites. Le sort des plus âgés, aujourd'hui, est enviable. Les jeunes générations seront beaucoup moins bien loties quand elles seront pensionnées; ces inégalités vont doubler les inégalités de classe.
- «Le peuple, écrivez-vous, ne croit plus à la fiction du gouvernement de tous et par tous.» Faut-il entendre que ce fut toujours, d'une certaine manière, une fiction?
- Au début du gouvernement représentatif, à la fin du XVIIIe, la reconnaissance de la souveraineté populaire n'allait pas de soi. Dire que le peuple était souverain fut dans une certaine mesure une ruse des élites, qui ne pouvaient plus dire que la souveraineté appartenait au roi ou à Dieu, et encore moins à elles-mêmes. En réalité, les élites, même progressistes, se méfiaient de la souveraineté du peuple, qu'elles ont tenté constamment de marginaliser. Bien sûr, elles ont dû, progressivement, abandonner une partie du terrain. Sans jamais cesser de ruser. Aujourd'hui, le peuple ne croit plus à cette ruse; les élites en prennent acte. C'est pourquoi les campagnes deviennent de plus en plus populistes. C'était le cas pour les trois principaux candidats à la présidentielle française de 2007: un populisme musclé pour Sarkozy; un populisme classique du «tous pourris» pour Bayrou; un populisme «maternel» à la Evita Peron pour Ségolène Royal.
- Ce retour du populisme est tenu par la plupart des observateurs pour une dérive de la démocratie, un mal qu'il faut soigner. Vous y voyez non seulement le moyen utilisé pour détourner l'attention des citoyens du sujet principal, l'épuisement de l'Etat providence, mais aussi et surtout le mode de fonctionnement du nouveau régime politique que vous annoncez.
- En effet. Dans le passé, le populisme était la ressource des tricheurs, des outsiders, de ceux qui étaient hors du système. Désormais, c'est une ressource utilisée par des candidats tout à fait honorables. Une manière d'épater la galerie pour se faire élire triomphalement afin de pouvoir ensuite gouverner tranquillement; une fois élu grâce aux procédés parfois les plus vulgaires, on peut régler discrètement les vrais problèmes en cercle restreint, dans des conciliabules où se retrouvent les gens «utiles»; confier, comme l'écrivait le sociologue Pareto au début du XXe siècle, la gestion des affaires sérieuses aux vrais décideurs. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui la gouvernance, et qui préfigure le nouveau régime que j'entrevois: mélange de populisme «peopeulisé» pour les élections et de gouvernance entre happy few pour les questions importantes.
- La gouvernance serait-elle l'anti-politisme des élites?
- Elle correspond en écho à l'anti-politisme populaire. Le peuple accorde peu de confiance à ceux qui le gouvernent, mais il en va de même dans le sens inverse: les élus du peuple n'aiment guère le peuple. Peut-être nommera-t-on ce nouveau régime «gouvernance démocratique». Ce serait antinomique, car la gouvernance est antidémocratique, mais cela choquera-t-il dans un système où l'on aura oublié le principe du Peuple souverain, que certains intellectuels qualifient désormais de «romantique»?
- Dans un tel régime, quel serait le rôle du citoyen? Ségolène Royal avait défendu avec vigueur l'idée d'une démocratie participative. Serait-ce de la poudre aux yeux?
- En très grande partie. La démocratie participative pourrait toutefois être positive dans la gestion des affaires locales. A condition d'en reconnaître les limites! Les expériences de démocratie participative ont montré que le système était, le plus souvent, détourné par des militants professionnels. Au-delà, il faut être lucide et ne pas trop attendre des solutions proposées pour revivifier la démocratie: notamment favoriser la participation électorale ou accroître le rôle du parlement. C'est de la poudre aux yeux. On ne va pas accroître le rôle du parlement; les affaires sérieuses se régleront, de plus en plus, entre des acteurs, aussi bien publics que privés, se considérant comme des égaux: l'Etat, les syndicats, les milieux d'affaires...
- Ce serait une version moderne du corporatisme?
- Partiellement, oui. Mais il s'agirait plutôt du néocorporatisme qui existe déjà depuis des décennies aux Pays-Bas ou en Suisse en particulier. Une gouvernance tendant à assurer le «Bien du Marché» de préférence au bien de la masse des gens.
- Comment en êtes-vous venu à enfiler l'habit de Cassandre?
- Va-t-on reprocher leur pessimisme à ceux qui s'efforcent d'y voir clair? Ce serait condamner la lucidité. Je pense que les optimistes sont des naïfs ou sont délibérément mensongers. Il faut prendre conscience de ce que nous sommes dans une période cruciale, comme en 1780. Sans forcément crier au complot contre la démocratie. Mais pour essayer de mieux comprendre notre nouvel univers...
- Peut-on espérer un sursaut démocratique? Ou doit-on faire notre deuil du principe du Peuple souverain?
- Miser sur un sursaut démocratique relève de l'illusion et de la volonté de se tromper soi-même. Ainsi a-t-on confondu la participation exceptionnelle aux élections présidentielles françaises avec un tel sursaut, alors qu'il ne s'agissait que d'un effet de surprise passager, produit par les procédés des principaux candidats. Nous avons de la peine à réaliser et à admettre que la démocratie réelle, «appliquée», telle que nous la connaissons, était largement une ruse. Le reconnaître et imaginer de nouveaux moyens de faire entendre la voix du plus grand nombre serait probablement un progrès. C'est un tort de craindre toujours la nouveauté pour préférer l'éternel hier.
© Le Temps. Droits de reproduction et de diffusion réservés. www.letemps.ch
15:07 Publié dans Démocratie , Economie , Economie, emploi , Fiscalité locale , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
11 décembre 2007
BETONNONS, VOUS DIS-JE!
Au nom de la modernité et au prétexte de la nécessité d'accueillir tous les migrants appâtés par le dithyrambe frêchien la municipalité s'est lancée dans un bétonage massif. Les "bâtisseurs visionnaires" sont en train
d'asphyxier une ville de rêve; ils la rendent, lentement mais sûrement, invivable. Ces Diafoirus montpelliérains, tout imbus de leur importance et de leur savoir, lui administrent des remèdes de cheval qui sont en train de l'enlaidir et de la meurtrir. Les nappes de béton s'étalent en tâches de plus en plus menaçantes; elles étouffent la nature, la vie, la convivialité, la légèreté, la nonchalance, la spontanéité, la tolérance. Comble de l'ironie, nos luminaires tentent maintenant de recréer, artificiellement et à grands frais, ce qu'ils ont détruit.
On avait de l'authentique, on a maintenant le tout en toc. Place aux espaces verts "paysagés" anémiques, aux palmiers exotiques rachitiques, au faux bois vrai béton, aux "Maisons pour tous" et aux maisons pour tout. Place aux fêtes et aux réjouissances officielles calibrées par des armées de spécialistes en tout (communication, divertissements et spectacles, culture...). Le "peuple d'en bas" est censé en être reconnaissant à la municipalité et à ses dignitaires.
Et le peuple, anesthésié, assommé, aveuglé, obtempère...
Le réveil sera rude.
SD
Voici un autre extrait du DVD
"MONTPELLIER, MIROIR AUX ILLUSIONS".
10:35 Publié dans Economie , Environnement , Logement et urbanisme , Municipales 2008 , Politique , Qualité de vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14 novembre 2007
MONTPELLIER, MIROIR AUX ILLUSIONS...
au
Mas de Saporta à Lattes/Montpellier
Martine PETITOUT
présentera son film
"MONTPELLIER, MIROIR AUX ILLUSIONS"
Cliquez sur les vignettes
Pourquoi ce film?

Comment ce film a t-il été réalisé?

Quel peut être son impact?
Le film est il diffamatoire??
Bulletin de réservation et plan d'accès
cliquez ici
09:35 Publié dans Démocratie , Economie , Economie, emploi , Fiscalité locale , Logement et urbanisme , Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
20 septembre 2007
LA GESTION FMV A L'INDEX
La Chambre Régionale des Comptes![]()
épingle
la gestion
Frèche/Mandroux/Vézinhet
C'est le sujet qui sera traité au prochain
CAFE-CITOYEN POUR UN PROJET MONTPELLIERAIN
Brasserie "Le Dôme"
Angle cours Gambetta/avenue Clémenceau
MONTPELLIER
le jeudi 4 octobre
de 18h30 à 20h
entrée libre
16:45 Publié dans Actualités , Débat/Forum , Démocratie , Economie , Economie, emploi , Fiscalité locale , Logement et urbanisme , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
26 juin 2007
PANEM ET CIRCENSES
Pas d’outrance, pas d’excès, pas de provocation.
Ce samedi 23 juin 2007, notre auguste président régional multicartes (vidéo ici) fait dans la retenue, dans la sobriété, dans la tolérance et dans l’œcuménisme. Il inaugure le fameux stade de rugby du 21ème siècle, en cours de finition dans la partie sud-ouest de la ville.
Il se veut donc modeste – tout est relatif, bien sûr…- , désintéressé, dévoué à la cause des Montpelliérains. Il remercie tout le monde, même son « ami » le président du Conseil Général, même son «amie» la maire de Montpellier. Apparemment le « ruby » le rend plus aimable ou plus amnésique. Il feint de ne pas remarquer l’OVNI qui flotte au dessus de lui. Objet impressionnant de loin, siglé « Agglo de Montpellier » ; en fait une simple baudruche pleine de vent qui regarde les gens de haut .
Quelle impertinence !
Montpellier (c'est à dire lui et ses amis, je suppose) attend ce jour depuis 25 ans... C’est vrai ; il semble très fier de « sa » réalisation. C’est même celle dont il est le plus fier dit-il. C’est donc cela qui manquait pour faire, enfin, de Montpellier une ville prospère et apaisée. En tous cas, à défaut d'aider les chômeurs à trouver du travail, on pourra les distraire. Et ils en seront reconnaissants à notre bien-aimé président régional qui leur a "offert" – oui à ce niveau là offrir est facile ; c’est avec l’argent des autres - ce magnifique stade censé favoriser la propagation des fameuses "valeurs du rugby". Il ne faut pas sous-estimer l’aspect civique de cette dépense qui contribuera à l’éducation du peuple !
Un autre président multicartes et tous-terrains, mais de moindre importance et qui a «offert» moins, a pu profiter du micro lui aussi. Sans doute se disait il au départ que, quitte à gaspiller l’argent public, il préférait le faire sur des projets bien à lui, comme celui des Archives Départementales, plutôt que dans les projets de son « ami » qui, comme d’habitude, tirerait la couverture à lui. Mais, en vieux renard de la politique, il avait quand même mis au pot du stade quelques menus millions d’euros. Cette modeste obole lui permettait donc aujourd’hui de prendre la parole et de défendre, crinière blanche au vent, la bonne vieille rhétorique d’autrefois : « temple du rugby » ; « saisissant » ; « ode à la beauté » etc. Dans son élan il n’hésitait pas à nous dévoiler ce qui le guide : offrir la fête et le plaisir.
Après avoir rappelé à l’assistance quelques fêtes et festivités en cours ou à venir ces jours-ci ( fête de la musique, festival du théâtre d’Ô, festival de danse à Grammont etc. La liste est interminable dit-il…) il explique que la ville « porte le plaisir dans sa manière d’être », qu’elle offre un « concert de plaisirs ».
Sentencieusement il précise : "quand je reçois des décideurs et des investisseurs susceptibles de s'implanter ici, ils me demandent ce que le département de l’Hérault peut offrir comme plaisirs aux futurs ouvriers et employés ».
Vous pourriez penser qu’avec sa liste déjà interminable de plaisirs actuels notre président départemental dispose déjà d’une bonne force de frappe.
Eh bien non ; il manquait le stade de rugby qui devrait être l’argument supplémentaire qui va, enfin, faire pencher la balance du bon côté pour notre département. Donc, malgré les apparences, lui aussi (eux aussi devrais-je dire car il a plusieurs casquettes dorées), mène, à sa manière, une lutte acharnée et pertinente contre le chômage.
L’hédonisme n’est donc pas incompatible avec le socialisme …
Le cynisme, en tous cas, ne l’est plus depuis longtemps.
Ce n’est pas le cas de notre bonne maire ; un ami me confie : Cynique ta maire ? Tu n’y es pas; au contraire, le rugby la rafraîchit et la rajeunit. Regarde, aujourd’hui, c’est une gamine; elle frétille, elle s’émerveille devant la beauté du stade; magnifique ; fa-bu-leux ; mer-veil-leux ; ses yeux brillent, elle se voit déjà riche grâce aux retombées économiques du championnat. Pense un peu, elle l’a annoncé fièrement : la place de la Comédie va être la buvette du stade pendant les championnats ! Effectivement, on la sent prête à aller tenir le bar en cas de coup de feu trop intense ! Elle rêve à cette manne de pourboires laissés par les généreux supporters étrangers en goguette qui ne manqueront pas de l’aider à rester la maire meilleure gestionnaire de France , au moins.
Beaucoup d’autres personnalités importantes se sont auto-congratulées, se sont mutuellement félicitées et ont exprimé leur admiration réciproque.
C’était une bien belle réunion de famille, en toute simplicité, en toute convivialité. Comme il sied à de valeureux défenseurs des valeurs du rugby.
Elle s’est conclue par de joyeuses rafales de pétards et des lancers de confettis automatiques. Tout le monde était HEU-REUX. Un peu décontenancé par cette allégresse artificielle je me suis esquivé avant la fin des réjouissances. Gageons que, dans la grande tradition montpelliéraine, un copieux buffet avait été prévu pour permettre à nos orateurs et à leurs amis de se goberger aux frais de la princesse.
Du pain et des jeux. Les bonnes vieilles recettes sont les meilleures, surtout juste avant les élections.
Ils n'ont pas fini de nous faire les poches pour nous "offrir" de splendides équipements que personne ne demande…Serre tropicale, pôle multisports, centre d’art contemporain, etc. Un feu d’artifices d’inaugurations en perspective ! D’ailleurs notre bon président régional nous a prévenu. Il continue de se décarcasser pour nous.
Nous allons encore être gâtés.
Serge
PS1 : A propos savez vous ce que sont les « valeurs du rugby » ? J’ai lu que la première est le sens de l’humilité et de la simplicité.
Mais ça doit varier avec les régions…
PS2 : Le stade peut accueillir 12000 spectateurs. Samedi ils n’étaient que quelques milliers, venus en famille, paisibles ; ils n’avaient rien à payer, il faisait beau, ils n’avaient pas d’horaire fixe ; bref ils étaient détendus. Ils ont accepté sans broncher de patienter dans les bouchons sur les routes et ronds-points du voisinage. Qu’en sera-t-il si, un jour, il y a vraiment 12000 spectateurs ? Bien sûr nous avons un tramway-miracle. Mais la ligne est à 1 km ; il faut marcher. Les « valeurs du rugby » les convaincront ils qu’un kilomètre à pied est un exploit à leur portée ! J’en doute. Gare à la thrombose les jours de match !
PS3 : Le montpelliérain lambda ne peut que rester sceptique devant ce nouveau projet, démesuré pour une région pauvre, ( investissement de 63 millions d’euros et aussi, personne n’en parle, frais de fonctionnement à l’avenant). Ce stade était-il un investissement prioritaire pour la ville ? Apparemment rien n’est moins sûr. Montpellier dispose déjà dans le quartier de la Mosson d’un stade moderne de plus de 35000 places , c'est-à-dire très largement dimensionné pour le foot (il n’a jamais fait le plein de spectateurs jusqu’à présent…) ; ce stade, remis à neuf en 1997 à l’occasion de la coupe du monde de football, a encore été amélioré cette année pour pouvoir accueillir quatre rencontres du championnat du monde de rugby 2007 en septembre ; nous avions donc là des installations sportives polyvalentes, surdimensionnées, sous-utilisées, situées un peu à l’écart des zones résidentielles. Renoncer à optimiser l’emploi de ces installations et privilégier la construction ex nihilo d’un stade spécifique au rugby est une décision irrationnelle motivée par des arrière-pensées peut-être un brin clientélistes , à moins que ce ne soit qu'un nouveau joujou. C’est en tous cas bel exemple de décision prise « en haut » et imposée «démocratiquement » aux citoyens-contribuables.
PS4 : A supposer même que la construction d’un nouveau stade de rugby soit indispensable, pourquoi l’implanter en ville ? Pourquoi bétonner davantage dans une ville déjà asphyxiée? Pourquoi compliquer encore les problèmes de circulation et de sécurité déjà aigus alors que la solution de bon sens est d’insérer ces installations un peu à l’écart des zones résidentielles comme le font les autres villes , probablement sous-douées et moins visionnaires, mais terriblement plus soucieuses du bien-être de leurs habitants. Mais …chutt…. Ne gâchons pas la fête de nos pontifes !
01:55 Publié dans Actualités , Coup de coeur/Coup de griffe , Démocratie , Economie , Environnement , Fiscalité locale , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note





