05 mars 2008
BONNET D'ANE DE LA GESTION MUNICIPALE A HELENE MANDROUX ?
Fin février, le dernier classement « Challenges » des performances des Maires est passé inaperçu. Pourtant Hélène Mandroux a été rétrogradée de la 1ère à la 7ème place. Et même si Challenges titre « Hélène Mandroux tient le cap » la réalité est toute autre. Le Maire de Montpellier, qui a bénéficié d’un taux d’endettement zéro lorsque Georges Frêche lui a confié la mairie, n’a eu de cesse d’augmenter la dépense, ce qui entraîne d’année en année une diminution des fonds propres l’obligeant à emprunter pour boucler des budgets en hausse constante tant au niveau du fonctionnement qu’au niveau de l’investissement. Si cette situation perdure, la dette sera vite transformée en augmentation d’impôts après les élections.
Il convient de préciser que l’étude PES reprise par Challenges
ne tient pas compte des communautés de communes, ce qui arrange bien Hélène ! D'autant que le cas de Montpellier est très particulier puisque l’agglomération a pris de nombreuses dépenses budgétivores, ce qui aurait dû alléger Montpellier,mais Hélène Mandroux est persuadée que la dépense publique est électoralement payante... Jusqu'où sa folie des grandeurs, héritage du grand Georges, la mènera ? Elle peut tout de même s'estimer heureuse que les comptes ville + agglo ne soient pas consolidés, car c'est un bonnet d'âne qu'elle devrait coiffer !
Challenge relève, tout comme la dernière lettre d’observation de la Chambre Régionale des comptes que la fiscalité locale de Montpellier est très élevée.
Quelles sont donc les marges de manœuvre pour Montpellier et son agglomération ?

Pour la ville : pas question d’augmenter une fiscalité avec une Taxe d’habitation supérieure de 48 % à la moyenne France et une Taxe Foncière /bâti supérieure de 60 %. Pas question non plus d’augmenter les dépenses d’investissements (pourtant + 15 % en 2008 avec 116 M€) dans une ville suréquipée. Il faudrait même les baisser pour emprunter moins, alors qu’Hélène Mandroux a fait un choix inverse.
L’endettement de la ville est de 38 M€ au 1er janvier 2008, il progressera très nettement d'ici la fin de l'année à cause de l'emprunt 2008 de 52M€).
Pour Montpellier-agglomération, c’est beaucoup plus grave : la dette atteint le niveau de 550 M€. Voilà pourquoi Georges Frêche veut à tout prix créer sa méga communauté urbaine : les finances manquent pour tous les grands projets du visionnaire, il espère donc des dotations de l’Etat beaucoup plus élevées et une assiette fiscale plus vaste.
La semaine dernière un article des échos précisait les dépenses d’investissement des grandes villes de France, voici les chiffres très éloquents :

Nous savons donc pourquoi nous payons…. Montpellier et son agglomération sont gérés par des flambeurs pour qui rien n’est trop beau grâce à l’argent des autres. Les grandes villes de France qui dépensent moins et bénéficient donc d’une fiscalité moindre ne sont pas moins bien gérées que Montpellier !
La solution : Eradiquer les gaspillages et limiter les investissements publics pour les contenir dans la moyenne nationale. Hélène Mandroux s'abrite derrière le chômage de la ville pour dépenser plus... elle justifie sa gabegie par le fait qu'elle donne du travail aux Montpelliérains.
Mais, ce n’est pas aux contribuables de perfuser les entreprises privées par des commandes publiques inutiles et des subventions. Il est préférable de baisser la fiscalité locale pour redonner du pouvoir d’achat aux particuliers et alléger les charges des entreprises, ce qui créera de l'emploi directement.
Avec l’équipe en place, on est sûr du résultat… une fuite en avant qui mène notre ville à la catastrophe et des lendemains qui déchantent car depuis 31 ans les conditions de vie des Montpelliérains se dégradent : chômage 20 % + 8,5 % de Rmistes... en stagnation depuis 20 ans, crise du logement, qualité de vie en berne, revenus moyens parmi les plus faibles de France, fiscalité la plus élevée des villes de + 200000 habitants, saleté de la ville, déplacements difficiles à cause de l'absence de vraie rocade et de transports en commun inadaptés, bétonnage de la ville, attribution des marchés publics discutable, manque de crèches et de maisons de retraite, absence de démocratie..... ouf !
Il est temps de changer d'air !
Martine Petitout
12:45 Publié dans Démocratie , Economie, emploi , Fiscalité locale , Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
28 février 2008
CHEFS
L’objectif du chef politique, si l’on en croit Georges FRÊCHE, un orfèvre en la matière, c’est d’assurer sa réélection. Il a très franchement expliqué sa méthode, dite « des petits oiseaux ».
La méthode frêchienne se veut réaliste ; les électeurs sont incapables de réfléchir, de comprendre la complexité des problèmes qui se posent au niveau de la ville. D’ailleurs, ça ne les intéresse pas. Ou ils n’ont pas de temps à y consacrer. Donc il faut réfléchir et décider à leur place. Il faut les convaincre que les décisions prises en leur nom sont les meilleures et qu’ils ont bien de la chance d’avoir un chef aussi clairvoyant et efficace qui ne se préoccupe que de leur bien. Au nom de l’efficacité, le rôle assigné au citoyen de base est d’approuver et de dire merci. Faute de quoi il risque fort de le regretter. Grâce à cette méthode Montpellier a pu avancer à grands pas, il y a eu de grandes réalisations. On a de beaux bâtiments de prestige, un quartier Odysseum impressionnant, de beaux festivals, des ambassades un peu partout dans le monde et, bientôt, une nouvelle mairie hi-tech. Mais a-t-on répondu aux attentes et aux besoins essentiels des Montpelliérains ? Rien n’est moins sûr. Le chômage est trop élevé ; la région est pauvre ; l’économie sous respiration artificielle, la circulation et les transports sont difficiles ; les infrastructures routières, l’assainissement et le traitement des ordures sont en retard, les tensions sociales sont fortes, le climat social est lourd, la presse est en semi-liberté.
La ville vit grâce à des expédients bien connus et rappelés dans les clips vidéos de l’ACH34 visibles ci-dessous.
Il y a bien une autre méthode plus optimiste. Considèrer que les citoyens sont capables de réfléchir et de décider de leur destin pour autant que l’on les y aide. Tenter de rapprocher les gens plutôt que d’exacerber les tensions. Prendre son temps pour expliquer, dégager des convergences et des consensus. Ne pas répugner , pour les grands projets, à présenter plusieurs options au vote des citoyens. Préfèrer aider les gens à être actifs et indépendants plutôt que les maintenir dans des situations d’assistanat servile.
Dans la première méthode on considère que les citoyens sont des médiocres à qui il faut faire peur tout en leur donnant du pain et des jeux pour qu’ils acceptent docilement leur sort. Dans ce contexte quelqu’un qui réfléchit et conteste des choix du chef est un perturbateur qu’il convient d’écraser.
Avec la deuxième méthode le chef a pour ambition de responsabiliser les citoyens et de les aider à faire des choix raisonnés et à en assumer les conséquences.
Pour l’instant les Montpelliérains plébiscitent la méthode « réaliste » et choisissent le chef adapté, chef de cuisine ou chef de bande.
C’est dommage.
SD
08:00 Publié dans Démocratie , Economie, emploi , Municipales 2008 , Politique , Qualité de vie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07 février 2008
MONTPELLIER GABEGIE
La région de Montpellier a la chance de bénéficier d'un environnement naturel exceptionnel que beaucoup d'autres villes lui envient. Mais elle n'a pas su tirer parti de ces atouts. Bien qu'ayant été gouvernée depuis trente ans par le meilleur expert en tout puis par le meilleur maire de France la ville cumule les handicaps chômage, pauvreté, précarité, saleté, insécurité...
Et pourtant l'argent public coule à flots. Mais pas toujours là où il est vraiment nécessaire.
Les gaspillages n'étonnent même plus. Ils font partie du paysage montpelliérain. Parfois on en est fier...
Une chose est sûre: cet argent n'est pas perdu pour tout le monde.
Illustration avec ce court clip extrait du film
"MONTPELLIER, miroir aux illusions"
Clip
"Gabegie"

Version intégrale de
"MONTPELLIER, miroir aux illusions"

08:10 Publié dans Economie, emploi , Fiscalité locale , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
05 février 2008
ECONOMIE SOUS PERFUSION
La richesse, les revenus, les dépenses, bref les questions d'argent, restent des sujets tabous en France et, encore plus, dans notre région. Cependant les chefs de famille, ceux qui gèrent l'argent du ménage savent bien que ce sont des questions essentielles pour la survie de la famille. C'est une attitude quasiment suicidaire que d'engager une grosse dépense avant d'avoir défini un plan de financement réaliste accepté par la famille. Beaucoup de familles (pas toujours les plus modestes!) se trouvent en difficulté pour n'avoir pas su résister aux sirènes de la société de consommation, aux sollicitations des sociétés de crédit, à l'apparente force de l'argument " pourquoi pas moi?".
On pourrait attendre des maires et autres responsables politiques qu'ils se comportent en chefs de famille responsables.
Malheureusement, c'est tout le contraire qui se passe.
Ils engagent des dépenses puis réfléchissent au financement. Et le choix se résume souvent à peu de choses: quémander l'aide de l'Etat ou de l'Europe ( mais cette option, très populaire naguère, semble en perte de vitesse!), pressurer un peu plus les contribuables ( mais, même nos responsables locaux actuels sentent qu'il est dangereux de continuer ainsi) ou augmenter la dette. Cette dernière solution, la plus lâche puisque l'on reporte le problème sur nos successeurs sans, bien sûr, leur demander leur avis, semble avoir la préférence de l'agglo et de la mairie de Montpellier.
Pour la région la plus pauvre de France on pourrait s'attendre à ce que le souci prioritaire des responsables soit de créer des richesses, de la valeur ajoutée; c'est à dire d'attirer des entreprises susceptibles de créer de vrais emplois avec de vrais salaires et de vrais managers.
Ce n'est pas visiblement le souci prioritaire de nos dirigeants politiques actuels. Trop occupés, sans doute, à discourir, voyager, écrire leurs mémoires, entretenir des polémiques et des querelles idéologiques.
Le salut de notre région passe par une réhabilitation de l'économie.
Illustration avec ce court clip extrait du film
"MONTPELLIER, miroir aux illusions"
Clip "Economie sous perfusion"
Version intégrale de
"MONTPELLIER, miroir aux illusions"

20:04 Publié dans Economie , Economie, emploi , Fiscalité locale , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Montpellier économie politique
08 janvier 2008
DECLIN DE LA DEMOCRATIE?
Le quotidien "Le Temps" ( http://www.letemps.ch/ ) a publié le 8 janvier une interview de Guy Hermet reproduite ci-dessous.
La démocratie est elle malade? A Montpellier aussi? Est ce inéluctable? Faut il s'en réjouir? Peut on encore la sauver? A Montpellier aussi?
A quelques semaines des Municipales voila un sujet intéressant.
Qu'en pensez vous?
ECLAIRAGES : «La démocratie telle que nous la concevons va disparaître»
Date de parution: Mardi 8 janvier 2008
Auteur: Dominique Berns
Dans «L'Hiver de la démocratie», le politologue français Guy Hermet prédit l'avènement d'un nouveau régime après l'épuisement de l'Etat providence.
Nous sommes à la fin d'un régime, celui de la démocratie. Comme les élites du XVIIIe siècle qui ne s'attendaient pas à la chute de l'Ancien Régime, nous ne sommes pas conscients du fait que la démocratie va disparaître. Telle est la thèse provocante défendue par Guy Hermet dans L'Hiver de la démocratie ou le nouveau régime (Ed. Armand Colin).
- Annoncer la fin de la démocratie à une époque où le libéralisme a triomphé du communisme et où le monde compte beaucoup plus de démocraties qu'il y a cinquante ans, voilà qui révèle un goût de la provocation ou du paradoxe...
Guy Hermet: Il y a un progrès de la démocratie en extension; géographiquement, en surface ou en quantité, elle s'est étendue; de plus en plus de pays sont dits «démocratiques», même si l'on peut douter de la qualité de leurs institutions. Mais en densité, en profondeur ou en qualité, la démocratie recule. Elle s'étend en périphérie mais s'épuise dans nos vieilles démocraties. Ce noyau, affaibli, risque de ne plus pouvoir alimenter son progrès en périphérie, où elle reste imparfaite et souvent caricaturale.
- De nombreux observateurs s'accordent à diagnostiquer une crise de la démocratie dans nos pays...
- Parler de «crise», c'est suggérer que nous vivrions simplement un passage à vide, que la situation va s'arranger. C'est une vue erronée. Je crois profondément que la démocratie telle que nous la concevons n'existera bientôt plus. On en voit de multiples symptômes. En décembre 2003, la Convention européenne avait prévu d'inclure, dans le préambule de la Constitution européenne, une citation de l'historien de la Grèce antique Thucydide, citant la définition de la démocratie donnée par Périclès: pour que la démocratie existe, il convient que le pouvoir appartienne au plus grand nombre, donc à la majorité d'un corps politique qualifié de Peuple. En juin 2004, la citation a été supprimée par le Conseil européen à la demande de certains petits pays récemment intégrés ou intégrables à l'Union, qui craignaient qu'elle ne donne la majorité et donc le pouvoir de décision aux pays les plus peuplés.
- Le fait n'a pas suscité de grands commentaires. N'y attachez-vous pas une importance excessive? Dans une structure comme celle de l'Union, la crainte des petits pays n'était pas totalement injustifiée. N'est-ce pas aller un peu vite en besogne que d'y voir une réfutation de la démocratie?
- Il y a effectivement un problème, assez analogue à celui soulevé par la persistance d'une minorité face à la majorité à l'issue d'élections démocratiques quelconques. Mais pourrait-on décider pour autant de supprimer les élections? Cela reviendrait à récuser la démocratie, pour laquelle on n'a pas trouvé autre chose que la règle arithmétique de la volonté du plus grand nombre pour prendre les décisions. C'est après coup, ce principe admis, qu'il convient d'imaginer des aménagements en faveur du petit nombre.
Plus généralement, il y a maintenant un doute philosophique sur la pertinence de la souveraineté populaire. Et on en vient à récuser la volonté majoritaire qui est pourtant le noyau de la démocratie. Quand, dans un pays du Sud, les élections portent au pouvoir un parti islamiste, n'entend-on pas dire qu'il vaudrait mieux annuler les élections? Ou quand une proportion importante d'électeurs anversois donne sa voix au Vlaams Belang, certains ne pensent-ils pas qu'il conviendrait de ne pas tenir compte de leurs bulletins de vote? Ce qui vient d'être fait d'une certaine façon en Suisse, avec l'éviction de Christoph Blocher du gouvernement, en dépit de son triomphe électoral.
Surtout, sur le plan pratique, la démocratie a atteint ses limites. C'est le seul régime qui est obligé de se légitimer à chaque élection. Les promesses constituent son carburant. Au début, on a promis le suffrage universel masculin, puis le vote des femmes, puis encore l'abaissement de l'âge du droit de vote - tout cela ne coûtait pas très cher. Ensuite, on a promis la démocratie sociale: l'assurance maladie, les pensions de retraite, la sécurité sociale en général. Maintenant, la démocratie arrive au fond du réservoir des promesses réalisables. Le déclin de la démocratie - et ce n'est pas une coïncidence - accompagne la fin de l'Etat providence. Le moment approche où nos démocraties ne pourront plus faire miroiter quelque cadeau tangible que ce soit. Et, d'ailleurs, les citoyens l'ont compris: la plupart ne croient plus à un avenir meilleur pour eux et pour leurs enfants. Cet espoir, qui soutenait la démocratie, est cassé.
- Cette remise en cause de l'Etat providence n'est-elle pas avant tout un effet de l'offensive néolibérale? Autrement dit, dans nos sociétés pourtant toujours plus riches, les élites n'ont-elles pas choisi de sacrifier l'Etat providence et l'idéal d'égalité qui le sous-tend?
- Ce n'est pas pour moi l'explication primordiale. Le démontage progressif de l'Etat providence, qui est en cours même si on ne le dit pas explicitement, a commencé d'abord en Suède, sa terre de prédilection. Il n'y a pas à la base un complot néolibéral; il n'y a pas de complot d'ailleurs. L'offensive néolibérale est réelle, mais elle se greffe sur un constat d'impossibilité. Prenez le cas de l'assurance maladie. En France, le premier à avoir écrit qu'il fallait revoir le système en raison du coût croissant de la médecine fut un socialiste bon teint: ce fut Jacques Attali, celui d'il y a vingt ans, alors conseiller du président Mitterrand. Considérez les retraites. Il y a une réalité démographique; on ne peut pas continuer comme si de rien n'était. Imaginez-vous que d'ici quelques décennies, 40% d'actifs pourraient financer 60% de retraités? C'est impossible. Il y a un épuisement physique de l'Etat providence. L'offensive néolibérale s'est engouffrée dans cette faille. Avec en plus de bonnes raisons, mais aussi de la mauvaise foi. Celle-ci consiste en particulier à pratiquer une fuite en avant irresponsable dans la délocalisation des industries et des services, à raisonner comme si l'essentiel était les entreprises et les grandes multinationales, et non les sociétés et leurs habitants. Nos multinationales ne survivraient pas à l'effacement de nos sociétés.
Nos sociétés seront de plus en plus inégalitaires, injustes, même si nous ne pouvons pas nous permettre le choix d'une société aussi inégalitaire que les Etats-Unis. Un seul exemple: les retraites. Le sort des plus âgés, aujourd'hui, est enviable. Les jeunes générations seront beaucoup moins bien loties quand elles seront pensionnées; ces inégalités vont doubler les inégalités de classe.
- «Le peuple, écrivez-vous, ne croit plus à la fiction du gouvernement de tous et par tous.» Faut-il entendre que ce fut toujours, d'une certaine manière, une fiction?
- Au début du gouvernement représentatif, à la fin du XVIIIe, la reconnaissance de la souveraineté populaire n'allait pas de soi. Dire que le peuple était souverain fut dans une certaine mesure une ruse des élites, qui ne pouvaient plus dire que la souveraineté appartenait au roi ou à Dieu, et encore moins à elles-mêmes. En réalité, les élites, même progressistes, se méfiaient de la souveraineté du peuple, qu'elles ont tenté constamment de marginaliser. Bien sûr, elles ont dû, progressivement, abandonner une partie du terrain. Sans jamais cesser de ruser. Aujourd'hui, le peuple ne croit plus à cette ruse; les élites en prennent acte. C'est pourquoi les campagnes deviennent de plus en plus populistes. C'était le cas pour les trois principaux candidats à la présidentielle française de 2007: un populisme musclé pour Sarkozy; un populisme classique du «tous pourris» pour Bayrou; un populisme «maternel» à la Evita Peron pour Ségolène Royal.
- Ce retour du populisme est tenu par la plupart des observateurs pour une dérive de la démocratie, un mal qu'il faut soigner. Vous y voyez non seulement le moyen utilisé pour détourner l'attention des citoyens du sujet principal, l'épuisement de l'Etat providence, mais aussi et surtout le mode de fonctionnement du nouveau régime politique que vous annoncez.
- En effet. Dans le passé, le populisme était la ressource des tricheurs, des outsiders, de ceux qui étaient hors du système. Désormais, c'est une ressource utilisée par des candidats tout à fait honorables. Une manière d'épater la galerie pour se faire élire triomphalement afin de pouvoir ensuite gouverner tranquillement; une fois élu grâce aux procédés parfois les plus vulgaires, on peut régler discrètement les vrais problèmes en cercle restreint, dans des conciliabules où se retrouvent les gens «utiles»; confier, comme l'écrivait le sociologue Pareto au début du XXe siècle, la gestion des affaires sérieuses aux vrais décideurs. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui la gouvernance, et qui préfigure le nouveau régime que j'entrevois: mélange de populisme «peopeulisé» pour les élections et de gouvernance entre happy few pour les questions importantes.
- La gouvernance serait-elle l'anti-politisme des élites?
- Elle correspond en écho à l'anti-politisme populaire. Le peuple accorde peu de confiance à ceux qui le gouvernent, mais il en va de même dans le sens inverse: les élus du peuple n'aiment guère le peuple. Peut-être nommera-t-on ce nouveau régime «gouvernance démocratique». Ce serait antinomique, car la gouvernance est antidémocratique, mais cela choquera-t-il dans un système où l'on aura oublié le principe du Peuple souverain, que certains intellectuels qualifient désormais de «romantique»?
- Dans un tel régime, quel serait le rôle du citoyen? Ségolène Royal avait défendu avec vigueur l'idée d'une démocratie participative. Serait-ce de la poudre aux yeux?
- En très grande partie. La démocratie participative pourrait toutefois être positive dans la gestion des affaires locales. A condition d'en reconnaître les limites! Les expériences de démocratie participative ont montré que le système était, le plus souvent, détourné par des militants professionnels. Au-delà, il faut être lucide et ne pas trop attendre des solutions proposées pour revivifier la démocratie: notamment favoriser la participation électorale ou accroître le rôle du parlement. C'est de la poudre aux yeux. On ne va pas accroître le rôle du parlement; les affaires sérieuses se régleront, de plus en plus, entre des acteurs, aussi bien publics que privés, se considérant comme des égaux: l'Etat, les syndicats, les milieux d'affaires...
- Ce serait une version moderne du corporatisme?
- Partiellement, oui. Mais il s'agirait plutôt du néocorporatisme qui existe déjà depuis des décennies aux Pays-Bas ou en Suisse en particulier. Une gouvernance tendant à assurer le «Bien du Marché» de préférence au bien de la masse des gens.
- Comment en êtes-vous venu à enfiler l'habit de Cassandre?
- Va-t-on reprocher leur pessimisme à ceux qui s'efforcent d'y voir clair? Ce serait condamner la lucidité. Je pense que les optimistes sont des naïfs ou sont délibérément mensongers. Il faut prendre conscience de ce que nous sommes dans une période cruciale, comme en 1780. Sans forcément crier au complot contre la démocratie. Mais pour essayer de mieux comprendre notre nouvel univers...
- Peut-on espérer un sursaut démocratique? Ou doit-on faire notre deuil du principe du Peuple souverain?
- Miser sur un sursaut démocratique relève de l'illusion et de la volonté de se tromper soi-même. Ainsi a-t-on confondu la participation exceptionnelle aux élections présidentielles françaises avec un tel sursaut, alors qu'il ne s'agissait que d'un effet de surprise passager, produit par les procédés des principaux candidats. Nous avons de la peine à réaliser et à admettre que la démocratie réelle, «appliquée», telle que nous la connaissons, était largement une ruse. Le reconnaître et imaginer de nouveaux moyens de faire entendre la voix du plus grand nombre serait probablement un progrès. C'est un tort de craindre toujours la nouveauté pour préférer l'éternel hier.
© Le Temps. Droits de reproduction et de diffusion réservés. www.letemps.ch
15:07 Publié dans Démocratie , Economie , Economie, emploi , Fiscalité locale , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
14 novembre 2007
MONTPELLIER, MIROIR AUX ILLUSIONS...
au
Mas de Saporta à Lattes/Montpellier
Martine PETITOUT
présentera son film
"MONTPELLIER, MIROIR AUX ILLUSIONS"
Cliquez sur les vignettes
Pourquoi ce film?

Comment ce film a t-il été réalisé?

Quel peut être son impact?
Le film est il diffamatoire??
Bulletin de réservation et plan d'accès
cliquez ici
09:35 Publié dans Démocratie , Economie , Economie, emploi , Fiscalité locale , Logement et urbanisme , Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
20 septembre 2007
LA GESTION FMV A L'INDEX
La Chambre Régionale des Comptes![]()
épingle
la gestion
Frèche/Mandroux/Vézinhet
C'est le sujet qui sera traité au prochain
CAFE-CITOYEN POUR UN PROJET MONTPELLIERAIN
Brasserie "Le Dôme"
Angle cours Gambetta/avenue Clémenceau
MONTPELLIER
le jeudi 4 octobre
de 18h30 à 20h
entrée libre
16:45 Publié dans Actualités , Débat/Forum , Démocratie , Economie , Economie, emploi , Fiscalité locale , Logement et urbanisme , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
09 mars 2007
18 PROPOSITIONS POUR UNE CONTRIBUTION CITOYENNE AUX ELECTIONS
L'un des principaux sujets de la dernière campagne pour l'élection présidentielle était l'organisation décentralisée de la France. Portée par Jean Pierre RAFFARIN, la décentralisation étape II devait engendrer davantage de proximité dans la prise de décision et aussi des économies d'impôts.
Mais 5 ans plus tard nous devons bien nous rendre à l'évidence, la décentralisation qui donne la libre administration et l'autonomie financière et fiscale aux élus en charge de l'exécutif dans les différentes collectivités n'a pas honoré ses promesses.
La démocratie est plus que jamais bafouée; certes, les lois sur la démocratie de proximité sont respectées mais tout est organisé pour que le citoyen ne s'en mêle pas et, vu la complexité des affaires publiques, on comprend qu'il s'en détourne.
La nouvelle décentralisation a mis en place de grands féodaux avec des pouvoirs de plus en plus importants et des contrôles de plus en plus rares.
Quant à nos impôts locaux, c'est l'explosion! Et on voit mal comment s'en sortir sans améliorer le système; cela passe par des lois très strictes. Comment convaincre les élus tout puissants de restreindre leurs dépenses? Un pourcentage très important d'électeurs est exonéré partiellement ou en totalité de la taxe d'habitation; quant au foncier ce sont les propriétaires qui s'en acquittent et il y a dans les grandes villes de plus en plus de locataires (70 % à Montpellier !!!). Dans ces conditions, la sanction des urnes joue difficilement !
C'est pourquoi, en attendant une réforme en profondeur de nos institution pour alléger le système, l'ACH34 présente ses
18 propositions
aux candidats à la présidentielle et aux législatives.
L'accent est mis sur les 5 propositions jugées prioritaires par nos adhérents :
en premier : non cumul des mandats, ensuite, limitation du taux des impôts communaux, documents de gestion publique sur internet, interdiction du hors-compétence, suppression des départements
l'ASSOCIATION DES CONTRIBUABLES DE L'HERAULT
&
MONTPELLIER AUX CITOYENS
vous invitent au prochain "Café Contribuables"
au Dôme
2. avenue G. Clemenceau à Montpellier
le mercredi 14 mars 2007 de 18 h 30 à 20 h
pour présenter leur contribution citoyenne pour les élections présidentielle et législatives de l'Hérault sous la forme de
18 propositions aux candidats
élaborées sur la base des travaux de l'ACH depuis de nombreuses années et des échanges avec le public des cafés.
IL EST IMPORTANT DE PARTICIPER !
Martine Petitout
Tél. 04 67 03 44 44 ou 06 61 81 62 15
07:35 Publié dans Actualités , Démocratie , Economie, emploi , Environnement , Fiscalité locale , Logement et urbanisme , Municipales 2008 , Politique , Qualité de vie | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : décentralisation, impôts, démocratie, réforme, montpellier





