28/02/2008

CHEFS

L’objectif du chef politique, si l’on en croit Georges FRÊCHE, un orfèvre en la matière, c’est d’assurer sa réélection. Il a très franchement expliqué sa méthode, dite « des petits oiseaux ».
La méthode frêchienne se veut réaliste ; les électeurs sont incapables de réfléchir, de comprendre la complexité des problèmes qui se posent au niveau de la ville. D’ailleurs, ça ne les intéresse pas. Ou ils n’ont pas de temps à y consacrer. Donc il faut réfléchir et décider à leur place. Il faut les convaincre que les décisions prises en leur nom sont les meilleures et qu’ils ont bien de la chance d’avoir un chef aussi clairvoyant et efficace qui ne se préoccupe que de leur bien. Au nom de l’efficacité, le rôle assigné au citoyen de base est d’approuver et de dire merci. Faute de quoi il risque fort de le regretter. Grâce à cette méthode Montpellier a pu avancer à grands pas, il y a eu de grandes réalisations. On a de beaux bâtiments de prestige, un quartier Odysseum impressionnant, de beaux festivals, des ambassades un peu partout dans le monde et, bientôt, une nouvelle mairie hi-tech. Mais a-t-on répondu aux attentes et aux besoins essentiels des Montpelliérains ? Rien n’est moins sûr. Le chômage est trop élevé ; la région est pauvre ; l’économie sous respiration artificielle, la circulation et les transports sont difficiles ; les infrastructures routières, l’assainissement et le traitement des ordures sont en retard, les tensions sociales sont fortes, le climat social est lourd, la presse est en semi-liberté.
La ville vit grâce à des expédients bien connus et rappelés dans les clips vidéos de l’ACH34 visibles ci-dessous.




Il y a bien une autre méthode plus optimiste. Considèrer que les citoyens sont capables de réfléchir et de décider de leur destin pour autant que l’on les y aide. Tenter de rapprocher les gens plutôt que d’exacerber les tensions. Prendre son temps pour expliquer, dégager des convergences et des consensus. Ne pas répugner , pour les grands projets, à présenter plusieurs options au vote des citoyens. Préfèrer aider les gens à être actifs et indépendants plutôt que les maintenir dans des situations d’assistanat servile.

Dans la première méthode on considère que les citoyens sont des médiocres à qui il faut faire peur tout en leur donnant du pain et des jeux pour qu’ils acceptent docilement leur sort. Dans ce contexte quelqu’un qui réfléchit et conteste des choix du chef est un perturbateur qu’il convient d’écraser.
Avec la deuxième méthode le chef a pour ambition de responsabiliser les citoyens et de les aider à faire des choix raisonnés et à en assumer les conséquences.

Pour l’instant les Montpelliérains plébiscitent la méthode « réaliste » et choisissent le chef adapté, chef de cuisine ou chef de bande.
C’est dommage.


SD

16/02/2008

LE MAÎTRE ET L'ELEVE


Quand Georges FRECHE a désigné "sa" ville « MONTPELLIER la surdouée » il pensait, bien sûr, à lui. Seule sa modestie naturelle l’empêcha d’être plus précis.
En tous cas il a fait tout ce qu’il pouvait pour former son successeur à la mairie et lui apprendre les recettes qui lui permettraient -peut-être- d'acquérir elle aussi ce statut de "surdouée" ou, au moins, d'en donner l'illusion.
La recette phare a été rappelée ce matin sur les antennes d’Europe n°1 dans le cadre de la chronique de Jacques Marseille et Jean-François Kahn.
Pour ceux qui l’auraient oubliée une révision s'impose.

Cliquez sur la photo pour télécharger l'extrait sonore:







En résumé, pour Georges FRÊCHE et ses disciples, les Montpelliérains sont tellement stupides que c’est un jeu d’enfants de les berner et de se faire réélire indéfiniment...

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Le plus triste c’est, bien sûr, que les derniers sondages publiés par le Midi Libre semblent lui donner –une fois de plus- raison. Hélène MANDROUX, sa fidèle et très obéissante élève, est bien partie pour remporter haut la main les élections municipales.

A moins que….

A moins que, au moment de s’engager pour 6 années de plus, les Montpelliérains sortent enfin de leur léthargie et se posent les questions suggérées par Jacques MARSEILLE. Ils se rendront compte alors que, malgré les impôts locaux stratosphériques, nous sommes toujours la région de France la plus pauvre, nous avons toujours à Montpellier l’un des taux de chômage les plus élevés. Ils verront que les gens modestes ne sont pas mieux traités que dans de nombreuses autres villes, que la circulation n'est pas plus facile qu'ailleurs etc.etc...

A moins que les Montpelliérains ne soient pas aussi stupides qu’on le dit.



Ne perdons pas espoir!



"MONTPELLIER
démocratie confisquée
"






13/02/2008

DEMOCRATIE CONFISQUEE


Démocratie façon septimanienne :

« Il a été élu avec 20% des voix socialistes. Ceux qui ont voté pour lui sont des minables ! Je voudrais leur dire que je les méprise profondément ; un jour ou l’autre, j’aurai votre peau, ce n’est qu’une question de temps ». C’est en ces termes choisis que, selon Midi Libre, le président Frêche commentait, avant-hier 11 février, l’élection du sénateur Raymond Couderc.

Ne pensez pas qu’il s’agit d’un dérapage isolé. Naguère la même personne avait publiquement déclaré :

« Mes amis et moi, on tient tout. Ici les rouges contrôlent tout. Tous ceux qui nous affronteront seront brisés menu ! »

Pendant longtemps ces déclarations tonitruantes ont été prises pour des fanfaronnades ; il était de bon ton de commenter, avec un sourire entendu : « Vous savez, c’est Georges. Il a tellement de qualités et on lui doit tant que l’on peut bien lui passer quelques petits écarts de langage… »
Mais les sourires commencent à se crisper sérieusement, même chez ses affidés. Il faut se rendre à l’évidence. Le président Frêche n’est certainement pas dénué de qualités mais il excelle surtout dans la communication, dans l’autosatisfaction, dans l’anathème, dans la manipulation, dans le dénigrement. Le quotidien l’ennuie; il est fait pour l’outrance, la «castagne». Il a le goût du risque et du jeu ; il méprise la gestion rationnelle, les chiffres réels, les « besogneux »; il méprise la concertation et le compromis c'est-à-dire la démocratie. Il se voit visionnaire et stratège alors qu’il n’est peut-être qu’un habile manipulateur chimérique.
Bref, les hauts faits de gloire relatés à satiété par ses hagiographes, commencent à paraître dérisoires au vu des réalités régionales : chômage, retard économique, retard dans les infrastructures, intégration ratée des minorités, développement démographique incontrôlé, ambiance débilitante…

Tout le monde ou presque serait heureux de le voir se retirer avec élégance ou, à la rigueur, de le voir prendre l’habit du vieux sage bienveillant.
Mais ne nous faisons pas d’illusions. Il veut rester le roi incontesté de son marigot. Il veut nous le faire sentir ; il est de plus en plus grossier et excessif en tout. malheureusement les citoyens d’ici - et tout particulièrement les Montpelliérains - hypnotisés, vont continuer à lui obéir et à le subir.

Difficile de parler de démocratie dans cet environnement.

Essayez quand même de regarder le petit clip vidéo "MONTPELLIER, démocratie confisquée".

Et espérons.




Après tout, le pire n’est jamais sûr !



Clip vidéo

"MONTPELLIER
démocratie confisquée
"



Version intégrale

"MONTPELLIER
miroir aux illusions
"



07/02/2008

MONTPELLIER GABEGIE



La région de Montpellier a la chance de bénéficier d'un environnement naturel exceptionnel que beaucoup d'autres villes lui envient. Mais elle n'a pas su tirer parti de ces atouts. Bien qu'ayant été gouvernée depuis trente ans par le meilleur expert en tout puis par le meilleur maire de France la ville cumule les handicaps chômage, pauvreté, précarité, saleté, insécurité...
Et pourtant l'argent public coule à flots. Mais pas toujours là où il est vraiment nécessaire.
Les gaspillages n'étonnent même plus. Ils font partie du paysage montpelliérain. Parfois on en est fier...
Une chose est sûre: cet argent n'est pas perdu pour tout le monde.

Illustration avec ce court clip extrait du film


"MONTPELLIER, miroir aux illusions"


Clip
"Gabegie"



Version intégrale de
"MONTPELLIER, miroir aux illusions"



05/02/2008

ECONOMIE SOUS PERFUSION


La richesse, les revenus, les dépenses, bref les questions d'argent, restent des sujets tabous en France et, encore plus, dans notre région. Cependant les chefs de famille, ceux qui gèrent l'argent du ménage savent bien que ce sont des questions essentielles pour la survie de la famille. C'est une attitude quasiment suicidaire que d'engager une grosse dépense avant d'avoir défini un plan de financement réaliste accepté par la famille. Beaucoup de familles (pas toujours les plus modestes!) se trouvent en difficulté pour n'avoir pas su résister aux sirènes de la société de consommation, aux sollicitations des sociétés de crédit, à l'apparente force de l'argument " pourquoi pas moi?".
On pourrait attendre des maires et autres responsables politiques qu'ils se comportent en chefs de famille responsables.
Malheureusement, c'est tout le contraire qui se passe.
Ils engagent des dépenses puis réfléchissent au financement. Et le choix se résume souvent à peu de choses: quémander l'aide de l'Etat ou de l'Europe ( mais cette option, très populaire naguère, semble en perte de vitesse!), pressurer un peu plus les contribuables ( mais, même nos responsables locaux actuels sentent qu'il est dangereux de continuer ainsi) ou augmenter la dette. Cette dernière solution, la plus lâche puisque l'on reporte le problème sur nos successeurs sans, bien sûr, leur demander leur avis, semble avoir la préférence de l'agglo et de la mairie de Montpellier.
Pour la région la plus pauvre de France on pourrait s'attendre à ce que le souci prioritaire des responsables soit de créer des richesses, de la valeur ajoutée; c'est à dire d'attirer des entreprises susceptibles de créer de vrais emplois avec de vrais salaires et de vrais managers.
Ce n'est pas visiblement le souci prioritaire de nos dirigeants politiques actuels. Trop occupés, sans doute, à discourir, voyager, écrire leurs mémoires, entretenir des polémiques et des querelles idéologiques.

Le salut de notre région passe par une réhabilitation de l'économie.

Illustration avec ce court clip extrait du film


"MONTPELLIER, miroir aux illusions"


Clip "Economie sous perfusion"



Version intégrale de
"MONTPELLIER, miroir aux illusions"



30/01/2008

MAUVAISE PASSE



23 juin 2007
inauguration du nouveau stade de rugby


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29 janvier 2008
début du match tant attendu


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mars 2008
????



25/01/2008

MONTPELLIER BETON



Montpellier, on la voyait comme ça:

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ou encore comme ça:

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certains la voyaient comme ça:

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d'autres la rêvaient comme ça:

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mais devant les tours d'acier

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les arbres se sauvent

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le béton pousse

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le nouveau Montpellier phagocyte la garrigue

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Comment en est on arrivé là?











16/01/2008

JACQUES DOMERGUE : UN ENGAGEMENT POLITIQUE FORT


Jacques Domergue signe la charte pour une gestion économe et durable de la ville de Montpellier et de Montpellier-agglomération.
4abc84ec6b2446305fa94482ee100c8e.jpgDébut novembre, après une discussion très argumentée de deux heures et demie, un petit groupe de contribuables de l’Association des Contribuables de l’Hérault ACH34 et moi-même avons fini par convaincre le candidat qu’il fallait en finir avec les gaspillages et la fiscalité calamiteuse.
075286ca15ccb57e67a30c0ee21a62f8.jpgLe 14 décembre, nous avons donc signé cette charte (téléchargeable ici en format doc ou ici en format pdf) qui engage le futur Maire -nous espérons qu’il sera élu- dans la chasse au gaspillage. Les économies réalisées seront partagées à parts égales, pour améliorer le service public par redéploiement du personnel et des budgets et pour baisser la fiscalité locale.

Pour avoir suivi les finances de la ville depuis 8 ans, je vous affirme qu’une autre gestion plus respectueuse des deniers publics et plus juste est possible; simple question de volonté politique, de constance dans les engagements et… de contrôle.

Martine Petitout


Je vous rappelle quelques chiffres qu'il est important de garder en mémoire; ce sont des comparaisons entre les grandes villes de France portant sur les taux de taxe d'habitation, taxe foncière et taxe professionnelle.

08/01/2008

DECLIN DE LA DEMOCRATIE?


Le quotidien "Le Temps" ( http://www.letemps.ch/ ) a publié le 8 janvier une interview de Guy Hermet reproduite ci-dessous.
La démocratie est elle malade? A Montpellier aussi? Est ce inéluctable? Faut il s'en réjouir? Peut on encore la sauver? A Montpellier aussi?
A quelques semaines des Municipales voila un sujet intéressant.
Qu'en pensez vous?


ECLAIRAGES : «La démocratie telle que nous la concevons va disparaître»

Date de parution: Mardi 8 janvier 2008
Auteur: Dominique Berns

Dans «L'Hiver de la démocratie», le politologue français Guy Hermet prédit l'avènement d'un nouveau régime après l'épuisement de l'Etat providence.

Nous sommes à la fin d'un régime, celui de la démocratie. Comme les élites du XVIIIe siècle qui ne s'attendaient pas à la chute de l'Ancien Régime, nous ne sommes pas conscients du fait que la démocratie va disparaître. Telle est la thèse provocante défendue par Guy Hermet dans L'Hiver de la démocratie ou le nouveau régime (Ed. Armand Colin).
- Annoncer la fin de la démocratie à une époque où le libéralisme a triomphé du communisme et où le monde compte beaucoup plus de démocraties qu'il y a cinquante ans, voilà qui révèle un goût de la provocation ou du paradoxe...
Guy Hermet: Il y a un progrès de la démocratie en extension; géographiquement, en surface ou en quantité, elle s'est étendue; de plus en plus de pays sont dits «démocratiques», même si l'on peut douter de la qualité de leurs institutions. Mais en densité, en profondeur ou en qualité, la démocratie recule. Elle s'étend en périphérie mais s'épuise dans nos vieilles démocraties. Ce noyau, affaibli, risque de ne plus pouvoir alimenter son progrès en périphérie, où elle reste imparfaite et souvent caricaturale.
- De nombreux observateurs s'accordent à diagnostiquer une crise de la démocratie dans nos pays...
- Parler de «crise», c'est suggérer que nous vivrions simplement un passage à vide, que la situation va s'arranger. C'est une vue erronée. Je crois profondément que la démocratie telle que nous la concevons n'existera bientôt plus. On en voit de multiples symptômes. En décembre 2003, la Convention européenne avait prévu d'inclure, dans le préambule de la Constitution européenne, une citation de l'historien de la Grèce antique Thucydide, citant la définition de la démocratie donnée par Périclès: pour que la démocratie existe, il convient que le pouvoir appartienne au plus grand nombre, donc à la majorité d'un corps politique qualifié de Peuple. En juin 2004, la citation a été supprimée par le Conseil européen à la demande de certains petits pays récemment intégrés ou intégrables à l'Union, qui craignaient qu'elle ne donne la majorité et donc le pouvoir de décision aux pays les plus peuplés.
- Le fait n'a pas suscité de grands commentaires. N'y attachez-vous pas une importance excessive? Dans une structure comme celle de l'Union, la crainte des petits pays n'était pas totalement injustifiée. N'est-ce pas aller un peu vite en besogne que d'y voir une réfutation de la démocratie?
- Il y a effectivement un problème, assez analogue à celui soulevé par la persistance d'une minorité face à la majorité à l'issue d'élections démocratiques quelconques. Mais pourrait-on décider pour autant de supprimer les élections? Cela reviendrait à récuser la démocratie, pour laquelle on n'a pas trouvé autre chose que la règle arithmétique de la volonté du plus grand nombre pour prendre les décisions. C'est après coup, ce principe admis, qu'il convient d'imaginer des aménagements en faveur du petit nombre.
Plus généralement, il y a maintenant un doute philosophique sur la pertinence de la souveraineté populaire. Et on en vient à récuser la volonté majoritaire qui est pourtant le noyau de la démocratie. Quand, dans un pays du Sud, les élections portent au pouvoir un parti islamiste, n'entend-on pas dire qu'il vaudrait mieux annuler les élections? Ou quand une proportion importante d'électeurs anversois donne sa voix au Vlaams Belang, certains ne pensent-ils pas qu'il conviendrait de ne pas tenir compte de leurs bulletins de vote? Ce qui vient d'être fait d'une certaine façon en Suisse, avec l'éviction de Christoph Blocher du gouvernement, en dépit de son triomphe électoral.
Surtout, sur le plan pratique, la démocratie a atteint ses limites. C'est le seul régime qui est obligé de se légitimer à chaque élection. Les promesses constituent son carburant. Au début, on a promis le suffrage universel masculin, puis le vote des femmes, puis encore l'abaissement de l'âge du droit de vote - tout cela ne coûtait pas très cher. Ensuite, on a promis la démocratie sociale: l'assurance maladie, les pensions de retraite, la sécurité sociale en général. Maintenant, la démocratie arrive au fond du réservoir des promesses réalisables. Le déclin de la démocratie - et ce n'est pas une coïncidence - accompagne la fin de l'Etat providence. Le moment approche où nos démocraties ne pourront plus faire miroiter quelque cadeau tangible que ce soit. Et, d'ailleurs, les citoyens l'ont compris: la plupart ne croient plus à un avenir meilleur pour eux et pour leurs enfants. Cet espoir, qui soutenait la démocratie, est cassé.
- Cette remise en cause de l'Etat providence n'est-elle pas avant tout un effet de l'offensive néolibérale? Autrement dit, dans nos sociétés pourtant toujours plus riches, les élites n'ont-elles pas choisi de sacrifier l'Etat providence et l'idéal d'égalité qui le sous-tend?
- Ce n'est pas pour moi l'explication primordiale. Le démontage progressif de l'Etat providence, qui est en cours même si on ne le dit pas explicitement, a commencé d'abord en Suède, sa terre de prédilection. Il n'y a pas à la base un complot néolibéral; il n'y a pas de complot d'ailleurs. L'offensive néolibérale est réelle, mais elle se greffe sur un constat d'impossibilité. Prenez le cas de l'assurance maladie. En France, le premier à avoir écrit qu'il fallait revoir le système en raison du coût croissant de la médecine fut un socialiste bon teint: ce fut Jacques Attali, celui d'il y a vingt ans, alors conseiller du président Mitterrand. Considérez les retraites. Il y a une réalité démographique; on ne peut pas continuer comme si de rien n'était. Imaginez-vous que d'ici quelques décennies, 40% d'actifs pourraient financer 60% de retraités? C'est impossible. Il y a un épuisement physique de l'Etat providence. L'offensive néolibérale s'est engouffrée dans cette faille. Avec en plus de bonnes raisons, mais aussi de la mauvaise foi. Celle-ci consiste en particulier à pratiquer une fuite en avant irresponsable dans la délocalisation des industries et des services, à raisonner comme si l'essentiel était les entreprises et les grandes multinationales, et non les sociétés et leurs habitants. Nos multinationales ne survivraient pas à l'effacement de nos sociétés.
Nos sociétés seront de plus en plus inégalitaires, injustes, même si nous ne pouvons pas nous permettre le choix d'une société aussi inégalitaire que les Etats-Unis. Un seul exemple: les retraites. Le sort des plus âgés, aujourd'hui, est enviable. Les jeunes générations seront beaucoup moins bien loties quand elles seront pensionnées; ces inégalités vont doubler les inégalités de classe.
- «Le peuple, écrivez-vous, ne croit plus à la fiction du gouvernement de tous et par tous.» Faut-il entendre que ce fut toujours, d'une certaine manière, une fiction?
- Au début du gouvernement représentatif, à la fin du XVIIIe, la reconnaissance de la souveraineté populaire n'allait pas de soi. Dire que le peuple était souverain fut dans une certaine mesure une ruse des élites, qui ne pouvaient plus dire que la souveraineté appartenait au roi ou à Dieu, et encore moins à elles-mêmes. En réalité, les élites, même progressistes, se méfiaient de la souveraineté du peuple, qu'elles ont tenté constamment de marginaliser. Bien sûr, elles ont dû, progressivement, abandonner une partie du terrain. Sans jamais cesser de ruser. Aujourd'hui, le peuple ne croit plus à cette ruse; les élites en prennent acte. C'est pourquoi les campagnes deviennent de plus en plus populistes. C'était le cas pour les trois principaux candidats à la présidentielle française de 2007: un populisme musclé pour Sarkozy; un populisme classique du «tous pourris» pour Bayrou; un populisme «maternel» à la Evita Peron pour Ségolène Royal.
- Ce retour du populisme est tenu par la plupart des observateurs pour une dérive de la démocratie, un mal qu'il faut soigner. Vous y voyez non seulement le moyen utilisé pour détourner l'attention des citoyens du sujet principal, l'épuisement de l'Etat providence, mais aussi et surtout le mode de fonctionnement du nouveau régime politique que vous annoncez.
- En effet. Dans le passé, le populisme était la ressource des tricheurs, des outsiders, de ceux qui étaient hors du système. Désormais, c'est une ressource utilisée par des candidats tout à fait honorables. Une manière d'épater la galerie pour se faire élire triomphalement afin de pouvoir ensuite gouverner tranquillement; une fois élu grâce aux procédés parfois les plus vulgaires, on peut régler discrètement les vrais problèmes en cercle restreint, dans des conciliabules où se retrouvent les gens «utiles»; confier, comme l'écrivait le sociologue Pareto au début du XXe siècle, la gestion des affaires sérieuses aux vrais décideurs. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui la gouvernance, et qui préfigure le nouveau régime que j'entrevois: mélange de populisme «peopeulisé» pour les élections et de gouvernance entre happy few pour les questions importantes.
- La gouvernance serait-elle l'anti-politisme des élites?
- Elle correspond en écho à l'anti-politisme populaire. Le peuple accorde peu de confiance à ceux qui le gouvernent, mais il en va de même dans le sens inverse: les élus du peuple n'aiment guère le peuple. Peut-être nommera-t-on ce nouveau régime «gouvernance démocratique». Ce serait antinomique, car la gouvernance est antidémocratique, mais cela choquera-t-il dans un système où l'on aura oublié le principe du Peuple souverain, que certains intellectuels qualifient désormais de «romantique»?
- Dans un tel régime, quel serait le rôle du citoyen? Ségolène Royal avait défendu avec vigueur l'idée d'une démocratie participative. Serait-ce de la poudre aux yeux?
- En très grande partie. La démocratie participative pourrait toutefois être positive dans la gestion des affaires locales. A condition d'en reconnaître les limites! Les expériences de démocratie participative ont montré que le système était, le plus souvent, détourné par des militants professionnels. Au-delà, il faut être lucide et ne pas trop attendre des solutions proposées pour revivifier la démocratie: notamment favoriser la participation électorale ou accroître le rôle du parlement. C'est de la poudre aux yeux. On ne va pas accroître le rôle du parlement; les affaires sérieuses se régleront, de plus en plus, entre des acteurs, aussi bien publics que privés, se considérant comme des égaux: l'Etat, les syndicats, les milieux d'affaires...
- Ce serait une version moderne du corporatisme?
- Partiellement, oui. Mais il s'agirait plutôt du néocorporatisme qui existe déjà depuis des décennies aux Pays-Bas ou en Suisse en particulier. Une gouvernance tendant à assurer le «Bien du Marché» de préférence au bien de la masse des gens.
- Comment en êtes-vous venu à enfiler l'habit de Cassandre?
- Va-t-on reprocher leur pessimisme à ceux qui s'efforcent d'y voir clair? Ce serait condamner la lucidité. Je pense que les optimistes sont des naïfs ou sont délibérément mensongers. Il faut prendre conscience de ce que nous sommes dans une période cruciale, comme en 1780. Sans forcément crier au complot contre la démocratie. Mais pour essayer de mieux comprendre notre nouvel univers...
- Peut-on espérer un sursaut démocratique? Ou doit-on faire notre deuil du principe du Peuple souverain?
- Miser sur un sursaut démocratique relève de l'illusion et de la volonté de se tromper soi-même. Ainsi a-t-on confondu la participation exceptionnelle aux élections présidentielles françaises avec un tel sursaut, alors qu'il ne s'agissait que d'un effet de surprise passager, produit par les procédés des principaux candidats. Nous avons de la peine à réaliser et à admettre que la démocratie réelle, «appliquée», telle que nous la connaissons, était largement une ruse. Le reconnaître et imaginer de nouveaux moyens de faire entendre la voix du plus grand nombre serait probablement un progrès. C'est un tort de craindre toujours la nouveauté pour préférer l'éternel hier.

© Le Temps. Droits de reproduction et de diffusion réservés. www.letemps.ch

21/12/2007

MONTPELLIER PLUS...OU MOINS?


Indépendance et impartialité...
Ces substantifs caractérisent ils notre presse locale?

"MONTPELLIER PLUS" est LE gratuit de Montpellier, lancé en novembre 2005.
Dès le départ certains, mauvais esprits probablement, s'interrogeaient sur la neutralité de ce nouveau titre. Vrai journal ou "journal d'entreprise" de la Mairie déguisé en journal indépendant? Voyez l'article ici
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Deux ans après ce lancement la réponse est évidente. Elles est illustrée par cet article du Midi Libre (cliquer sur l'image pour agrandir ) relatant la cérémonie d'anniversaire. Le Gotha de la majorité municipale participe aux festivités. Pas l'ombre d'un représentant de l'opposition.


Il est peut-être utile de rappeler ici un paragraphe du

Code déontologique de la Société des journalistes professionnels

adopté en Septembre 1996

Agir indépendamment


Un/Une journaliste ne doit avoir d’autre intérêt que le droit à l’information du public.

Un journaliste doit :

- Éviter les conflits d’intérêt, réels ou perçus.
- Refuser de s’engager dans des associations et des activités qui pourraient compromettre son intégrité ou nuire à sa crédibilité.
- Refuser les cadeaux, faveurs, voyages gratuits et traitements spéciaux, et éviter les deuxièmes emplois, les engagements politiques, les fonctions publiques, même dans des organisations locales, s’ils compromettent son intégrité journalistique.
- Révéler les conflits inévitables.
- Être vigilant et courageux quand il s’agit de rappeler aux gens au pouvoir leurs responsabilités.
- Refuser d’accorder des traitements spéciaux aux annonceurs et aux gens qui présentent un intérêt particulier, et résister à leurs pressions d’influencer les reportages.
- Être prudent avec les personnes qui offrent des informations en échange de faveurs ou d’argent ; éviter de faire une surenchère pour de l’information.


On pourrait penser que les journalistes de "MONTPELLIER PLUS" n'ont jamais entendu parler de ce code déontologique. Mais ne soyons pas injustes. Pour un nouveau journal qui veut s'installer à Montpellier le choix est clair:

être indépendant et accepter de mourir

ou
survivre et accepter d'être servile.


A l'exception notable de "l'AGGLORIEUSE" personne n'a choisi la première option. Tous ont choisi la sécurité. Certains, comme "la GAZETTE" avec enthousiasme, détermination et conviction, d'autres, comme le MIDI LIBRE, avec parfois quelques réticences.



Combien de temps la presse locale -et les Montpelliérains-

accepteront ils encore de vivre sous le joug de la famille frêchienne?

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