28 février 2008
CHEFS
L’objectif du chef politique, si l’on en croit Georges FRÊCHE, un orfèvre en la matière, c’est d’assurer sa réélection. Il a très franchement expliqué sa méthode, dite « des petits oiseaux ».
La méthode frêchienne se veut réaliste ; les électeurs sont incapables de réfléchir, de comprendre la complexité des problèmes qui se posent au niveau de la ville. D’ailleurs, ça ne les intéresse pas. Ou ils n’ont pas de temps à y consacrer. Donc il faut réfléchir et décider à leur place. Il faut les convaincre que les décisions prises en leur nom sont les meilleures et qu’ils ont bien de la chance d’avoir un chef aussi clairvoyant et efficace qui ne se préoccupe que de leur bien. Au nom de l’efficacité, le rôle assigné au citoyen de base est d’approuver et de dire merci. Faute de quoi il risque fort de le regretter. Grâce à cette méthode Montpellier a pu avancer à grands pas, il y a eu de grandes réalisations. On a de beaux bâtiments de prestige, un quartier Odysseum impressionnant, de beaux festivals, des ambassades un peu partout dans le monde et, bientôt, une nouvelle mairie hi-tech. Mais a-t-on répondu aux attentes et aux besoins essentiels des Montpelliérains ? Rien n’est moins sûr. Le chômage est trop élevé ; la région est pauvre ; l’économie sous respiration artificielle, la circulation et les transports sont difficiles ; les infrastructures routières, l’assainissement et le traitement des ordures sont en retard, les tensions sociales sont fortes, le climat social est lourd, la presse est en semi-liberté.
La ville vit grâce à des expédients bien connus et rappelés dans les clips vidéos de l’ACH34 visibles ci-dessous.
Il y a bien une autre méthode plus optimiste. Considèrer que les citoyens sont capables de réfléchir et de décider de leur destin pour autant que l’on les y aide. Tenter de rapprocher les gens plutôt que d’exacerber les tensions. Prendre son temps pour expliquer, dégager des convergences et des consensus. Ne pas répugner , pour les grands projets, à présenter plusieurs options au vote des citoyens. Préfèrer aider les gens à être actifs et indépendants plutôt que les maintenir dans des situations d’assistanat servile.
Dans la première méthode on considère que les citoyens sont des médiocres à qui il faut faire peur tout en leur donnant du pain et des jeux pour qu’ils acceptent docilement leur sort. Dans ce contexte quelqu’un qui réfléchit et conteste des choix du chef est un perturbateur qu’il convient d’écraser.
Avec la deuxième méthode le chef a pour ambition de responsabiliser les citoyens et de les aider à faire des choix raisonnés et à en assumer les conséquences.
Pour l’instant les Montpelliérains plébiscitent la méthode « réaliste » et choisissent le chef adapté, chef de cuisine ou chef de bande.
C’est dommage.
SD
08:00 Publié dans Démocratie , Economie, emploi , Municipales 2008 , Politique , Qualité de vie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16 février 2008
LE MAÎTRE ET L'ELEVE
Quand Georges FRECHE a désigné "sa" ville « MONTPELLIER la surdouée » il pensait, bien sûr, à lui. Seule sa modestie naturelle l’empêcha d’être plus précis.
En tous cas il a fait tout ce qu’il pouvait pour former son successeur à la mairie et lui apprendre les recettes qui lui permettraient -peut-être- d'acquérir elle aussi ce statut de "surdouée" ou, au moins, d'en donner l'illusion.
La recette phare a été rappelée ce matin sur les antennes d’Europe n°1 dans le cadre de la chronique de Jacques Marseille et Jean-François Kahn.
Pour ceux qui l’auraient oubliée une révision s'impose.
Cliquez sur la photo pour télécharger l'extrait sonore:
En résumé, pour Georges FRÊCHE et ses disciples, les Montpelliérains sont tellement stupides que c’est un jeu d’enfants de les berner et de se faire réélire indéfiniment...

Le plus triste c’est, bien sûr, que les derniers sondages publiés par le Midi Libre semblent lui donner –une fois de plus- raison. Hélène MANDROUX, sa fidèle et très obéissante élève, est bien partie pour remporter haut la main les élections municipales.
A moins que….
A moins que, au moment de s’engager pour 6 années de plus, les Montpelliérains sortent enfin de leur léthargie et se posent les questions suggérées par Jacques MARSEILLE. Ils se rendront compte alors que, malgré les impôts locaux stratosphériques, nous sommes toujours la région de France la plus pauvre, nous avons toujours à Montpellier l’un des taux de chômage les plus élevés. Ils verront que les gens modestes ne sont pas mieux traités que dans de nombreuses autres villes, que la circulation n'est pas plus facile qu'ailleurs etc.etc...
A moins que les Montpelliérains ne soient pas aussi stupides qu’on le dit.
Ne perdons pas espoir!
"MONTPELLIER
démocratie confisquée"

19:00 Publié dans Démocratie , Fiscalité locale , Municipales 2008 | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : politique, Montpellier, Petitout, Frêche, Mandroux, municipales
13 février 2008
DEMOCRATIE CONFISQUEE
Démocratie façon septimanienne :
« Il a été élu avec 20% des voix socialistes. Ceux qui ont voté pour lui sont des minables ! Je voudrais leur dire que je les méprise profondément ; un jour ou l’autre, j’aurai votre peau, ce n’est qu’une question de temps ». C’est en ces termes choisis que, selon Midi Libre, le président Frêche commentait, avant-hier 11 février, l’élection du sénateur Raymond Couderc.
Ne pensez pas qu’il s’agit d’un dérapage isolé. Naguère la même personne avait publiquement déclaré :
« Mes amis et moi, on tient tout. Ici les rouges contrôlent tout. Tous ceux qui nous affronteront seront brisés menu ! »
Pendant longtemps ces déclarations tonitruantes ont été prises pour des fanfaronnades ; il était de bon ton de commenter, avec un sourire entendu : « Vous savez, c’est Georges. Il a tellement de qualités et on lui doit tant que l’on peut bien lui passer quelques petits écarts de langage… »
Mais les sourires commencent à se crisper sérieusement, même chez ses affidés. Il faut se rendre à l’évidence. Le président Frêche n’est certainement pas dénué de qualités mais il excelle surtout dans la communication, dans l’autosatisfaction, dans l’anathème, dans la manipulation, dans le dénigrement. Le quotidien l’ennuie; il est fait pour l’outrance, la «castagne». Il a le goût du risque et du jeu ; il méprise la gestion rationnelle, les chiffres réels, les « besogneux »; il méprise la concertation et le compromis c'est-à-dire la démocratie. Il se voit visionnaire et stratège alors qu’il n’est peut-être qu’un habile manipulateur chimérique.
Bref, les hauts faits de gloire relatés à satiété par ses hagiographes, commencent à paraître dérisoires au vu des réalités régionales : chômage, retard économique, retard dans les infrastructures, intégration ratée des minorités, développement démographique incontrôlé, ambiance débilitante…
Tout le monde ou presque serait heureux de le voir se retirer avec élégance ou, à la rigueur, de le voir prendre l’habit du vieux sage bienveillant.
Mais ne nous faisons pas d’illusions. Il veut rester le roi incontesté de son marigot. Il veut nous le faire sentir ; il est de plus en plus grossier et excessif en tout. malheureusement les citoyens d’ici - et tout particulièrement les Montpelliérains - hypnotisés, vont continuer à lui obéir et à le subir.
Difficile de parler de démocratie dans cet environnement.
Essayez quand même de regarder le petit clip vidéo "MONTPELLIER, démocratie confisquée".
Et espérons.
Après tout, le pire n’est jamais sûr !
Clip vidéo
"MONTPELLIER
démocratie confisquée"

Version intégrale
"MONTPELLIER
miroir aux illusions"

11:20 Publié dans Démocratie , Fiscalité locale , Municipales 2008 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, Montpellier, Petitout, Frêche, Mandroux, municipales
07 février 2008
MONTPELLIER GABEGIE
La région de Montpellier a la chance de bénéficier d'un environnement naturel exceptionnel que beaucoup d'autres villes lui envient. Mais elle n'a pas su tirer parti de ces atouts. Bien qu'ayant été gouvernée depuis trente ans par le meilleur expert en tout puis par le meilleur maire de France la ville cumule les handicaps chômage, pauvreté, précarité, saleté, insécurité...
Et pourtant l'argent public coule à flots. Mais pas toujours là où il est vraiment nécessaire.
Les gaspillages n'étonnent même plus. Ils font partie du paysage montpelliérain. Parfois on en est fier...
Une chose est sûre: cet argent n'est pas perdu pour tout le monde.
Illustration avec ce court clip extrait du film
"MONTPELLIER, miroir aux illusions"
Clip
"Gabegie"

Version intégrale de
"MONTPELLIER, miroir aux illusions"

08:10 Publié dans Economie, emploi , Fiscalité locale , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
05 février 2008
ECONOMIE SOUS PERFUSION
La richesse, les revenus, les dépenses, bref les questions d'argent, restent des sujets tabous en France et, encore plus, dans notre région. Cependant les chefs de famille, ceux qui gèrent l'argent du ménage savent bien que ce sont des questions essentielles pour la survie de la famille. C'est une attitude quasiment suicidaire que d'engager une grosse dépense avant d'avoir défini un plan de financement réaliste accepté par la famille. Beaucoup de familles (pas toujours les plus modestes!) se trouvent en difficulté pour n'avoir pas su résister aux sirènes de la société de consommation, aux sollicitations des sociétés de crédit, à l'apparente force de l'argument " pourquoi pas moi?".
On pourrait attendre des maires et autres responsables politiques qu'ils se comportent en chefs de famille responsables.
Malheureusement, c'est tout le contraire qui se passe.
Ils engagent des dépenses puis réfléchissent au financement. Et le choix se résume souvent à peu de choses: quémander l'aide de l'Etat ou de l'Europe ( mais cette option, très populaire naguère, semble en perte de vitesse!), pressurer un peu plus les contribuables ( mais, même nos responsables locaux actuels sentent qu'il est dangereux de continuer ainsi) ou augmenter la dette. Cette dernière solution, la plus lâche puisque l'on reporte le problème sur nos successeurs sans, bien sûr, leur demander leur avis, semble avoir la préférence de l'agglo et de la mairie de Montpellier.
Pour la région la plus pauvre de France on pourrait s'attendre à ce que le souci prioritaire des responsables soit de créer des richesses, de la valeur ajoutée; c'est à dire d'attirer des entreprises susceptibles de créer de vrais emplois avec de vrais salaires et de vrais managers.
Ce n'est pas visiblement le souci prioritaire de nos dirigeants politiques actuels. Trop occupés, sans doute, à discourir, voyager, écrire leurs mémoires, entretenir des polémiques et des querelles idéologiques.
Le salut de notre région passe par une réhabilitation de l'économie.
Illustration avec ce court clip extrait du film
"MONTPELLIER, miroir aux illusions"
Clip "Economie sous perfusion"
Version intégrale de
"MONTPELLIER, miroir aux illusions"

20:04 Publié dans Economie , Economie, emploi , Fiscalité locale , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Montpellier économie politique
30 janvier 2008
MAUVAISE PASSE
23 juin 2007
inauguration du nouveau stade de rugby

29 janvier 2008
début du match tant attendu

mars 2008
????
08:01 Publié dans Fiscalité locale , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25 janvier 2008
MONTPELLIER BETON
Montpellier, on la voyait comme ça:

ou encore comme ça:

certains la voyaient comme ça:

d'autres la rêvaient comme ça:

mais devant les tours d'acier

les arbres se sauvent

le béton pousse

le nouveau Montpellier phagocyte la garrigue

Comment en est on arrivé là?


09:44 Publié dans Environnement , Fiscalité locale , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Montpellier ACH 34 béton urbanisme immobilier spéculation fonci
16 janvier 2008
JACQUES DOMERGUE : UN ENGAGEMENT POLITIQUE FORT
Jacques Domergue signe la charte pour une gestion économe et durable de la ville de Montpellier et de Montpellier-agglomération.
Début novembre, après une discussion très argumentée de deux heures et demie, un petit groupe de contribuables de l’Association des Contribuables de l’Hérault ACH34 et moi-même avons fini par convaincre le candidat qu’il fallait en finir avec les gaspillages et la fiscalité calamiteuse.
Le 14 décembre, nous avons donc signé cette charte (téléchargeable ici en format doc ou ici en format pdf) qui engage le futur Maire -nous espérons qu’il sera élu- dans la chasse au gaspillage. Les économies réalisées seront partagées à parts égales, pour améliorer le service public par redéploiement du personnel et des budgets et pour baisser la fiscalité locale.
Pour avoir suivi les finances de la ville depuis 8 ans, je vous affirme qu’une autre gestion plus respectueuse des deniers publics et plus juste est possible; simple question de volonté politique, de constance dans les engagements et… de contrôle.
Martine Petitout
Je vous rappelle quelques chiffres qu'il est important de garder en mémoire; ce sont des comparaisons entre les grandes villes de France portant sur les taux de taxe d'habitation, taxe foncière et taxe professionnelle.
12:20 Publié dans Fiscalité locale , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
08 janvier 2008
DECLIN DE LA DEMOCRATIE?
Le quotidien "Le Temps" ( http://www.letemps.ch/ ) a publié le 8 janvier une interview de Guy Hermet reproduite ci-dessous.
La démocratie est elle malade? A Montpellier aussi? Est ce inéluctable? Faut il s'en réjouir? Peut on encore la sauver? A Montpellier aussi?
A quelques semaines des Municipales voila un sujet intéressant.
Qu'en pensez vous?
ECLAIRAGES : «La démocratie telle que nous la concevons va disparaître»
Date de parution: Mardi 8 janvier 2008
Auteur: Dominique Berns
Dans «L'Hiver de la démocratie», le politologue français Guy Hermet prédit l'avènement d'un nouveau régime après l'épuisement de l'Etat providence.
Nous sommes à la fin d'un régime, celui de la démocratie. Comme les élites du XVIIIe siècle qui ne s'attendaient pas à la chute de l'Ancien Régime, nous ne sommes pas conscients du fait que la démocratie va disparaître. Telle est la thèse provocante défendue par Guy Hermet dans L'Hiver de la démocratie ou le nouveau régime (Ed. Armand Colin).
- Annoncer la fin de la démocratie à une époque où le libéralisme a triomphé du communisme et où le monde compte beaucoup plus de démocraties qu'il y a cinquante ans, voilà qui révèle un goût de la provocation ou du paradoxe...
Guy Hermet: Il y a un progrès de la démocratie en extension; géographiquement, en surface ou en quantité, elle s'est étendue; de plus en plus de pays sont dits «démocratiques», même si l'on peut douter de la qualité de leurs institutions. Mais en densité, en profondeur ou en qualité, la démocratie recule. Elle s'étend en périphérie mais s'épuise dans nos vieilles démocraties. Ce noyau, affaibli, risque de ne plus pouvoir alimenter son progrès en périphérie, où elle reste imparfaite et souvent caricaturale.
- De nombreux observateurs s'accordent à diagnostiquer une crise de la démocratie dans nos pays...
- Parler de «crise», c'est suggérer que nous vivrions simplement un passage à vide, que la situation va s'arranger. C'est une vue erronée. Je crois profondément que la démocratie telle que nous la concevons n'existera bientôt plus. On en voit de multiples symptômes. En décembre 2003, la Convention européenne avait prévu d'inclure, dans le préambule de la Constitution européenne, une citation de l'historien de la Grèce antique Thucydide, citant la définition de la démocratie donnée par Périclès: pour que la démocratie existe, il convient que le pouvoir appartienne au plus grand nombre, donc à la majorité d'un corps politique qualifié de Peuple. En juin 2004, la citation a été supprimée par le Conseil européen à la demande de certains petits pays récemment intégrés ou intégrables à l'Union, qui craignaient qu'elle ne donne la majorité et donc le pouvoir de décision aux pays les plus peuplés.
- Le fait n'a pas suscité de grands commentaires. N'y attachez-vous pas une importance excessive? Dans une structure comme celle de l'Union, la crainte des petits pays n'était pas totalement injustifiée. N'est-ce pas aller un peu vite en besogne que d'y voir une réfutation de la démocratie?
- Il y a effectivement un problème, assez analogue à celui soulevé par la persistance d'une minorité face à la majorité à l'issue d'élections démocratiques quelconques. Mais pourrait-on décider pour autant de supprimer les élections? Cela reviendrait à récuser la démocratie, pour laquelle on n'a pas trouvé autre chose que la règle arithmétique de la volonté du plus grand nombre pour prendre les décisions. C'est après coup, ce principe admis, qu'il convient d'imaginer des aménagements en faveur du petit nombre.
Plus généralement, il y a maintenant un doute philosophique sur la pertinence de la souveraineté populaire. Et on en vient à récuser la volonté majoritaire qui est pourtant le noyau de la démocratie. Quand, dans un pays du Sud, les élections portent au pouvoir un parti islamiste, n'entend-on pas dire qu'il vaudrait mieux annuler les élections? Ou quand une proportion importante d'électeurs anversois donne sa voix au Vlaams Belang, certains ne pensent-ils pas qu'il conviendrait de ne pas tenir compte de leurs bulletins de vote? Ce qui vient d'être fait d'une certaine façon en Suisse, avec l'éviction de Christoph Blocher du gouvernement, en dépit de son triomphe électoral.
Surtout, sur le plan pratique, la démocratie a atteint ses limites. C'est le seul régime qui est obligé de se légitimer à chaque élection. Les promesses constituent son carburant. Au début, on a promis le suffrage universel masculin, puis le vote des femmes, puis encore l'abaissement de l'âge du droit de vote - tout cela ne coûtait pas très cher. Ensuite, on a promis la démocratie sociale: l'assurance maladie, les pensions de retraite, la sécurité sociale en général. Maintenant, la démocratie arrive au fond du réservoir des promesses réalisables. Le déclin de la démocratie - et ce n'est pas une coïncidence - accompagne la fin de l'Etat providence. Le moment approche où nos démocraties ne pourront plus faire miroiter quelque cadeau tangible que ce soit. Et, d'ailleurs, les citoyens l'ont compris: la plupart ne croient plus à un avenir meilleur pour eux et pour leurs enfants. Cet espoir, qui soutenait la démocratie, est cassé.
- Cette remise en cause de l'Etat providence n'est-elle pas avant tout un effet de l'offensive néolibérale? Autrement dit, dans nos sociétés pourtant toujours plus riches, les élites n'ont-elles pas choisi de sacrifier l'Etat providence et l'idéal d'égalité qui le sous-tend?
- Ce n'est pas pour moi l'explication primordiale. Le démontage progressif de l'Etat providence, qui est en cours même si on ne le dit pas explicitement, a commencé d'abord en Suède, sa terre de prédilection. Il n'y a pas à la base un complot néolibéral; il n'y a pas de complot d'ailleurs. L'offensive néolibérale est réelle, mais elle se greffe sur un constat d'impossibilité. Prenez le cas de l'assurance maladie. En France, le premier à avoir écrit qu'il fallait revoir le système en raison du coût croissant de la médecine fut un socialiste bon teint: ce fut Jacques Attali, celui d'il y a vingt ans, alors conseiller du président Mitterrand. Considérez les retraites. Il y a une réalité démographique; on ne peut pas continuer comme si de rien n'était. Imaginez-vous que d'ici quelques décennies, 40% d'actifs pourraient financer 60% de retraités? C'est impossible. Il y a un épuisement physique de l'Etat providence. L'offensive néolibérale s'est engouffrée dans cette faille. Avec en plus de bonnes raisons, mais aussi de la mauvaise foi. Celle-ci consiste en particulier à pratiquer une fuite en avant irresponsable dans la délocalisation des industries et des services, à raisonner comme si l'essentiel était les entreprises et les grandes multinationales, et non les sociétés et leurs habitants. Nos multinationales ne survivraient pas à l'effacement de nos sociétés.
Nos sociétés seront de plus en plus inégalitaires, injustes, même si nous ne pouvons pas nous permettre le choix d'une société aussi inégalitaire que les Etats-Unis. Un seul exemple: les retraites. Le sort des plus âgés, aujourd'hui, est enviable. Les jeunes générations seront beaucoup moins bien loties quand elles seront pensionnées; ces inégalités vont doubler les inégalités de classe.
- «Le peuple, écrivez-vous, ne croit plus à la fiction du gouvernement de tous et par tous.» Faut-il entendre que ce fut toujours, d'une certaine manière, une fiction?
- Au début du gouvernement représentatif, à la fin du XVIIIe, la reconnaissance de la souveraineté populaire n'allait pas de soi. Dire que le peuple était souverain fut dans une certaine mesure une ruse des élites, qui ne pouvaient plus dire que la souveraineté appartenait au roi ou à Dieu, et encore moins à elles-mêmes. En réalité, les élites, même progressistes, se méfiaient de la souveraineté du peuple, qu'elles ont tenté constamment de marginaliser. Bien sûr, elles ont dû, progressivement, abandonner une partie du terrain. Sans jamais cesser de ruser. Aujourd'hui, le peuple ne croit plus à cette ruse; les élites en prennent acte. C'est pourquoi les campagnes deviennent de plus en plus populistes. C'était le cas pour les trois principaux candidats à la présidentielle française de 2007: un populisme musclé pour Sarkozy; un populisme classique du «tous pourris» pour Bayrou; un populisme «maternel» à la Evita Peron pour Ségolène Royal.
- Ce retour du populisme est tenu par la plupart des observateurs pour une dérive de la démocratie, un mal qu'il faut soigner. Vous y voyez non seulement le moyen utilisé pour détourner l'attention des citoyens du sujet principal, l'épuisement de l'Etat providence, mais aussi et surtout le mode de fonctionnement du nouveau régime politique que vous annoncez.
- En effet. Dans le passé, le populisme était la ressource des tricheurs, des outsiders, de ceux qui étaient hors du système. Désormais, c'est une ressource utilisée par des candidats tout à fait honorables. Une manière d'épater la galerie pour se faire élire triomphalement afin de pouvoir ensuite gouverner tranquillement; une fois élu grâce aux procédés parfois les plus vulgaires, on peut régler discrètement les vrais problèmes en cercle restreint, dans des conciliabules où se retrouvent les gens «utiles»; confier, comme l'écrivait le sociologue Pareto au début du XXe siècle, la gestion des affaires sérieuses aux vrais décideurs. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui la gouvernance, et qui préfigure le nouveau régime que j'entrevois: mélange de populisme «peopeulisé» pour les élections et de gouvernance entre happy few pour les questions importantes.
- La gouvernance serait-elle l'anti-politisme des élites?
- Elle correspond en écho à l'anti-politisme populaire. Le peuple accorde peu de confiance à ceux qui le gouvernent, mais il en va de même dans le sens inverse: les élus du peuple n'aiment guère le peuple. Peut-être nommera-t-on ce nouveau régime «gouvernance démocratique». Ce serait antinomique, car la gouvernance est antidémocratique, mais cela choquera-t-il dans un système où l'on aura oublié le principe du Peuple souverain, que certains intellectuels qualifient désormais de «romantique»?
- Dans un tel régime, quel serait le rôle du citoyen? Ségolène Royal avait défendu avec vigueur l'idée d'une démocratie participative. Serait-ce de la poudre aux yeux?
- En très grande partie. La démocratie participative pourrait toutefois être positive dans la gestion des affaires locales. A condition d'en reconnaître les limites! Les expériences de démocratie participative ont montré que le système était, le plus souvent, détourné par des militants professionnels. Au-delà, il faut être lucide et ne pas trop attendre des solutions proposées pour revivifier la démocratie: notamment favoriser la participation électorale ou accroître le rôle du parlement. C'est de la poudre aux yeux. On ne va pas accroître le rôle du parlement; les affaires sérieuses se régleront, de plus en plus, entre des acteurs, aussi bien publics que privés, se considérant comme des égaux: l'Etat, les syndicats, les milieux d'affaires...
- Ce serait une version moderne du corporatisme?
- Partiellement, oui. Mais il s'agirait plutôt du néocorporatisme qui existe déjà depuis des décennies aux Pays-Bas ou en Suisse en particulier. Une gouvernance tendant à assurer le «Bien du Marché» de préférence au bien de la masse des gens.
- Comment en êtes-vous venu à enfiler l'habit de Cassandre?
- Va-t-on reprocher leur pessimisme à ceux qui s'efforcent d'y voir clair? Ce serait condamner la lucidité. Je pense que les optimistes sont des naïfs ou sont délibérément mensongers. Il faut prendre conscience de ce que nous sommes dans une période cruciale, comme en 1780. Sans forcément crier au complot contre la démocratie. Mais pour essayer de mieux comprendre notre nouvel univers...
- Peut-on espérer un sursaut démocratique? Ou doit-on faire notre deuil du principe du Peuple souverain?
- Miser sur un sursaut démocratique relève de l'illusion et de la volonté de se tromper soi-même. Ainsi a-t-on confondu la participation exceptionnelle aux élections présidentielles françaises avec un tel sursaut, alors qu'il ne s'agissait que d'un effet de surprise passager, produit par les procédés des principaux candidats. Nous avons de la peine à réaliser et à admettre que la démocratie réelle, «appliquée», telle que nous la connaissons, était largement une ruse. Le reconnaître et imaginer de nouveaux moyens de faire entendre la voix du plus grand nombre serait probablement un progrès. C'est un tort de craindre toujours la nouveauté pour préférer l'éternel hier.
© Le Temps. Droits de reproduction et de diffusion réservés. www.letemps.ch
15:07 Publié dans Démocratie , Economie , Economie, emploi , Fiscalité locale , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
21 décembre 2007
MONTPELLIER PLUS...OU MOINS?
Indépendance et impartialité...
Ces substantifs caractérisent ils notre presse locale?
"MONTPELLIER PLUS" est LE gratuit de Montpellier, lancé en novembre 2005.
Dès le départ certains, mauvais esprits probablement, s'interrogeaient sur la neutralité de ce nouveau titre. Vrai journal ou "journal d'entreprise" de la Mairie déguisé en journal indépendant? Voyez l'article ici

Deux ans après ce lancement la réponse est évidente. Elles est illustrée par cet article du Midi Libre (cliquer sur l'image pour agrandir ) relatant la cérémonie d'anniversaire. Le Gotha de la majorité municipale participe aux festivités. Pas l'ombre d'un représentant de l'opposition.
Il est peut-être utile de rappeler ici un paragraphe du
Code déontologique de la Société des journalistes professionnels
adopté en Septembre 1996
Agir indépendamment
Un/Une journaliste ne doit avoir d’autre intérêt que le droit à l’information du public.
Un journaliste doit :
- Éviter les conflits d’intérêt, réels ou perçus.
- Refuser de s’engager dans des associations et des activités qui pourraient compromettre son intégrité ou nuire à sa crédibilité.
- Refuser les cadeaux, faveurs, voyages gratuits et traitements spéciaux, et éviter les deuxièmes emplois, les engagements politiques, les fonctions publiques, même dans des organisations locales, s’ils compromettent son intégrité journalistique.
- Révéler les conflits inévitables.
- Être vigilant et courageux quand il s’agit de rappeler aux gens au pouvoir leurs responsabilités.
- Refuser d’accorder des traitements spéciaux aux annonceurs et aux gens qui présentent un intérêt particulier, et résister à leurs pressions d’influencer les reportages.
- Être prudent avec les personnes qui offrent des informations en échange de faveurs ou d’argent ; éviter de faire une surenchère pour de l’information.
On pourrait penser que les journalistes de "MONTPELLIER PLUS" n'ont jamais entendu parler de ce code déontologique. Mais ne soyons pas injustes. Pour un nouveau journal qui veut s'installer à Montpellier le choix est clair:
être indépendant et accepter de mourir
ou
survivre et accepter d'être servile.
A l'exception notable de "l'AGGLORIEUSE" personne n'a choisi la première option. Tous ont choisi la sécurité. Certains, comme "la GAZETTE" avec enthousiasme, détermination et conviction, d'autres, comme le MIDI LIBRE, avec parfois quelques réticences.
accepteront ils encore de vivre sous le joug de la famille frêchienne?
19:10 Publié dans Municipales 2008 | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : municipales propagande
11 décembre 2007
BETONNONS, VOUS DIS-JE!
Au nom de la modernité et au prétexte de la nécessité d'accueillir tous les migrants appâtés par le dithyrambe frêchien la municipalité s'est lancée dans un bétonage massif. Les "bâtisseurs visionnaires" sont en train
d'asphyxier une ville de rêve; ils la rendent, lentement mais sûrement, invivable. Ces Diafoirus montpelliérains, tout imbus de leur importance et de leur savoir, lui administrent des remèdes de cheval qui sont en train de l'enlaidir et de la meurtrir. Les nappes de béton s'étalent en tâches de plus en plus menaçantes; elles étouffent la nature, la vie, la convivialité, la légèreté, la nonchalance, la spontanéité, la tolérance. Comble de l'ironie, nos luminaires tentent maintenant de recréer, artificiellement et à grands frais, ce qu'ils ont détruit.
On avait de l'authentique, on a maintenant le tout en toc. Place aux espaces verts "paysagés" anémiques, aux palmiers exotiques rachitiques, au faux bois vrai béton, aux "Maisons pour tous" et aux maisons pour tout. Place aux fêtes et aux réjouissances officielles calibrées par des armées de spécialistes en tout (communication, divertissements et spectacles, culture...). Le "peuple d'en bas" est censé en être reconnaissant à la municipalité et à ses dignitaires.
Et le peuple, anesthésié, assommé, aveuglé, obtempère...
Le réveil sera rude.
SD
Voici un autre extrait du DVD
"MONTPELLIER, MIROIR AUX ILLUSIONS".
10:35 Publié dans Economie , Environnement , Logement et urbanisme , Municipales 2008 , Politique , Qualité de vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16 novembre 2007
MONTPELLIER, MIROIR AUX ILLUSIONS, LE DVD
Le 14 Novembre Martine PETITOUT a présenté son film "MONTPELLIER, miroir aux illusions" aux sympathisants de l'Association des Contribuables de l'Hérault.
Ce "film vérité", superbement mis en images par Jean-Marc SROUSSI est un hommage à la ville de Montpellier en même temps qu'un réquisitoire sévère envers ceux qui l'exploitent.
Les réactions ont été très favorables. Cependant quelques appréhensions étaient perceptibles: Martine PETITOUT n'est elle pas allée trop loin dans sa dénonciation du climat malsain qui règne sur la ville?
23:10 Publié dans Démocratie , Fiscalité locale , Logement et urbanisme , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
09 novembre 2007
CONTE DE CAMPAGNE (2)
Avant la bataille
Les élections approchaient ; les ambitions commençaient à poindre ; des clans se formaient, d’autres se défaisaient. Le grand chef humait avec délectation cette odeur particulière, l'odeur de la poudre, annonciatrice des grandes batailles ; il se sentait renaître.
Oublié le traitement des déchets ménagers tombant de Charybde en Scylla depuis 20 ans dans l’attente d’une méthanisation miracle qui s’annonçait pourtant comme une étape de plus dans cette lente descente aux enfers. Oubliés les grincheux qui osaient protester contre le coût du (mauvais) traitement des ordures et contre l'impéritie des responsables du dossier.
Oubliées les affres de la circulation en ville que le plus joli tramway de France –en tous cas l’un des plus chers – n’avait pas encore réussi à apaiser faute d’un plan de circulation compréhensible, approuvé par les Montpelliérains. Oubliés les cyclistes ronchons et timorés qui osaient se plaindre au lieu d'exprimer leur reconnaissance à la Municipalité qui leur a préparé des pistes d'aventure.
Oublié le problème de l’eau traitée par une entreprise « exemplaire » dans le cadre d’un « contrat modèle » faisant la fierté du pouvoir en place depuis des années mais qui conduisait à l’un des prix au M3 les plus élevés de France sans que cela n'émeuve qui que ce soit à la mairie ou ailleurs.
Oubliés les rapports très critiques de la Chambre régionale des comptes sur le département, la ville et le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) décrivant dans le détail avec exemples à l'appui les nombreuses irrégularités constatées conduisant à une gestion hasardeuse et à un grand gâchis de l'argent public. (exemple (ici))
Oubliée la débâcle de la coupe du monde de rugby ; annoncée depuis des mois comme un événement marquant et rentable pour la région avec des chiffres et des projections savamment distillés par les experts après tous les voyages d'études - coûteux mais nécessaires nous disait on - Et finalement ... Pschitt...
Oublié le stade de rugby « le meilleur de la planète » - en tous cas l’un des plus coûteux – mais inutilisable pour la coupe du monde, mal situé, difficilement accessible par les transports en commun, peu accessible en voiture, critiqué par les riverains. Même les amateurs de rugby s'en plaignent… Aux dernières nouvelles une tribune commencerait à s'affaisser. Heureusement ce n'est pas la tribune officielle!
Oublié le flop du spectacle télévisé «Tenue de soirée» où les belles images de la ville furent noyées dans un flot de paroles mielleuses, de travellings sur une brochette de personnalités locales rangées en rang d’oignons dans l’ordre de préséance, applaudissant poliment les prestations convenues de vedettes vieillissantes. Payer si cher pour offrir cette image de petite ville de province vieillotte…
Oubliés tous les petits tracas misérables dont les médiocres, autour de lui, commençaient à oser lui faire grief.
Les Montpelliérains commençaient à être dégrisés, à réfléchir ; il était temps de les ramener dans le rêve et l’illusion. Ce ne serait pas très difficile pour le grand chef. Il avait une solide expérience en la matière.
Première étape : la presse locale
.
De grands encarts publicitaires apparurent pour proclamer le soutien de la Région au Club de la presse, à la liberté de la presse et à la liberté d’expression.
Ces grandes déclarations ne manquaient pas de sel.
En 2004, offensé par le fait que le Midi Libre ait osé rendre compte du mécontentement populaire suscité par le gâchis septimanien, le chef n’hésite pas à « punir » le journal à la manière d’un prince châtiant son laquais, en le privant des quasi-subventions qui sont de règle en province, c'est-à-dire de la publicité institutionnelle et des annonces légales. Mais, bon prince, il daignera faire preuve de clémence après une petite année de punition.
En d’autres lieux cette situation serait invraisemblable.
Car enfin, utiliser de l’argent public pour financer une publicité proclamant son attachement indéfectible à la liberté de la presse alors que, dans les faits, on condamne cette liberté, c’est faire preuve du plus grand mépris.
Mais le grand timonier connaît bien son monde.
Il sait que les journalistes discernent les atteintes à la liberté de la presse en Birmanie plus facilement que celles qui se passent à leur porte. Il faut bien vivre.
Il sait que les contribuables, fatigués de lutter à contre-courant, n'auront pas suffisamment de forces pour lutter contre la formidable inertie des citoyens blasés.
Il sait que les Montpelliérains préfèreront céder, encore un peu, à la facilité et à l’illusion plutôt que d’affronter un réveil brutal et douloureux.
Le chef a raison d’être confiant ; la première étape s’annonce sous les meilleurs auspices.
17:35 Publié dans Démocratie , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : municipales
31 octobre 2007
CONTE DE CAMPAGNE (1)
Plantons le décor

Il était une fois un pays béni des dieux, un pays de cocagne, un pays tranquille. Le décor et l’environnement y étaient pour beaucoup. 
Le ciel bleu, la mer, le soleil, les étangs, la garrigue, les montagnes, les villes et les villages avec leurs rues tortueuses, leurs places ombragées, leurs vielles pierres chargées d’histoire. C’était un pays où il faisait bon vivre.
La vie n’était pas toujours facile pour tout le monde mais tous étaient vaguement conscients d’être
des privilégiés. On était peut-être moins riches que les gens du Nord mais on n’arrivait pas à les envier! Au contraire on les plaignait.
Il arrivait que l’on s’enflamme mais c’était généralement en paroles, c’était souvent un feu de paille ; et on revenait vite à la vie paisible. Trop paisible ?
Il fallait bien élire des chefs ; généralement le pays se choisissait des chefs à son image. Tranquilles. Trop tranquilles?
Un jour, par accident, par lassitude, par indifférence, un chef d’un nouveau genre fut choisi. Jeune, intelligent, instruit, courageux, dynamique, tacticien, volontaire mais surtout ambitieux et manipulateur. Il voulait mettre le pays à son service. Sa recette était très simple… et très efficace. 
Il fallait de l’argent, le nerf de la guerre, comme chacun sait. Ce fut fait en pressurant une minorité de citoyens étiquetés « riches propriétaires » et en mettant au point un mécanisme, flou mais élaboré, d’achat et de revente de terrains et de logements, générateur de profits substantiels.
Il fallait pouvoir s’appuyer sur un clan dévoué sûr et fidèle capable de faire fonctionner les différents mécanismes soigneusement mis en place. Ce fut fait en utilisant la famille – au sens large- et en achetant les talents indispensables.
Il fallait s’attirer la bienveillance des gens les plus actifs. Ce fut fait en subventionnant les associations et en les couvrant de louanges aussi longtemps qu’elles n’étaient pas critiques du pouvoir en place.
Il fallait s’attirer la bienveillance ou, à tout le moins, la passivité des autres. Ce fut fait grâce à un savant mélange de flatterie, d’assistance calculée, de fêtes étourdissantes, de services « gratuits » bien ciblés et mis en scène.
Pendant longtemps cette stratégie se révéla payante. Le chef, de plus en plus habile et expérimenté, tenait son monde bien en main ; il excellait à réprimer les tentatives de rébellion. Il adorait faire étalage de son savoir-faire dans ce domaine, n’hésitant pas à ridiculiser en public ceux qui, même de sa famille, osaient un début de critique.
Mais après trente ans de règne, alors qu’il ne donnait aucun signe de vouloir se retirer en douceur, le climat commençait à changer. Et des élections approchaient. D’habitude ce n’était pas un problème car l’opposition était divisée et la machine du chef était bien huilée. Il n’y avait pas de surprise. Mais là, dans une élection périphérique, il venait d’y avoir une petite alerte qui avait pris tout le monde de court. Et le chef avait donné des signes de lassitude. Ses dérapages commençaient à effrayer même ses fidèles électeurs. Des membres de sa « famille », d’ordinaire serviles mais sentant le danger, tentaient maintenant de se démarquer.

Heureusement, il pouvait toujours compter sur l’opposition dont la priorité, comme d’habitude, était de se déchirer. Grâce à elle, il savait qu’il n’y avait pas péril en la demeure.
Néanmoins il fallait resserrer les boulons.
A suivre
SD

PS : Martine PETITOUT et l’Association des Contribuables de l’Hérault s’apprêtent à diffuser un court métrage présentant la gestion de la ville sous un jour original.
Attention, là, ce n’est pas un conte...
16:40 Publié dans Actualités , Démocratie , Fiscalité locale , Logement et urbanisme , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales
20 septembre 2007
LA GESTION FMV A L'INDEX
La Chambre Régionale des Comptes![]()
épingle
la gestion
Frèche/Mandroux/Vézinhet
C'est le sujet qui sera traité au prochain
CAFE-CITOYEN POUR UN PROJET MONTPELLIERAIN
Brasserie "Le Dôme"
Angle cours Gambetta/avenue Clémenceau
MONTPELLIER
le jeudi 4 octobre
de 18h30 à 20h
entrée libre
16:45 Publié dans Actualités , Débat/Forum , Démocratie , Economie , Economie, emploi , Fiscalité locale , Logement et urbanisme , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22 août 2007
UNE GRANDE MOSQUEE...
Il y a actuellement environ 2000 mosquées en France, dont 15 peuvent accueillir plus de 1000 fidèles et sont qualifiées de "grandes". Les autres sont des salles parfois très modestes de tailles très variables.
Après Paris, Reims, Lyon, Bordeaux, Nantes, les autres... et bientôt Marseille
voulons nous avoir une nouvelle -grande- mosquée à Montpellier ?
C’est un sujet particulièrement délicat ;on est loin, en effet, de l’enthousiasme populaire qui avait prévalu lors de l’inauguration de la grande mosquée de Paris en 1926, érigée en hommage aux milliers de musulmans morts pour la France lors de la première guerre mondiale !![]()
Le sujet est devenu complexe, passionné, passionnel.
Est-il d’ailleurs possible d’avoir sur un tel sujet, où la foi joue un rôle prépondérant, une approche rationnelle et objective ?
Alors? La grande mosquée de Montpellier ?
Une adhérente de l’Association des Contribuables de l’Hérault que nous nommerons Marie-Anne pour préserver son anonymat, nous a fait parvenir quelques commentaires et opinions éclairés. Son père et elle ont vécu longtemps au Maroc ; ils parlent arabe et ont conservé de nombreux amis dans plusieurs pays arabes. Ils mettent l’accent sur les problèmes créés par la référence permanente à l’islam, religion très particulière et mal connue de la plupart d’entre nous. Ils insistent tous deux sur la nécessité pour nous d’être très ouverts, respectueux et coopératifs avec la communauté arabe sans pour autant renoncer à nos valeurs, notre histoire, notre dignité, sans céder aux provocations des islamistes intégristes et sans être trop naïfs.
Vous pouvez consulter :
- la lettre de Marie-Anne à son député
- la lettre de son père à ce même député
- un résumé du livre « Les islamistes sont déjà là »
- une chronique d’Ivan Rioufol parue dans le Figaro du 15/1/05
D’autres références intéressantes :
- un article de Marion Festraëts dans l’Express du 14/12/00
- un article de J. Molénat dans le Nouvel Observateur du 19/6/03 « Vivre ensemble à Montpellier »
Alors ? La grande mosquée de Montpellier ?
Ne s’agit il pas là aussi, avant de s’étriper ou avant de décider, de bien connaître les faits et de répondre à quelques questions essentielles :
- combien de musulmans et de musulmans pratiquants à Montpellier ?
- La construction d’une « grande » mosquée va-t-elle favoriser l’intégration de la communauté musulmane ?
- Montpellier compte actuellement quatre mosquées et au moins sept lieux de prière ; que manque t-il pour que nos amis musulmans puissent pratiquer leur religion dans des conditions décentes mais discrètement? rien du tout ? des lieux de prière ? des « petites » mosquées de quartier ? une « grande » mosquée cathédrale ?
- Qui représente les musulmans de Montpellier ?
- Qui doit décider, finalement ?
- Qui doit payer ? le financement par des fonds étrangers est-il souhaitable ?
- comment garantir que ces installations ne seront pas utilisées pour faire du prosélytisme en faveur de l’islamisme ?
- faut il contrôler les imams ? si oui qui ? comment ?
- faut il exiger la réciprocité des pays arabes ?
Alors ? La grande mosquée de Montpellier ?
Lancer un tel projet de « grande » mosquée sera nécessairement perçu par de nombreux "non musulmans" comme une provocation, une capitulation devant les islamistes… ou une manœuvre électorale.
Plutôt que de favoriser l’amitié et l’intégration cette solution de facilité exacerbera les divergences et accentuera le repli sur soi.
En aucune manière le respect, l’amitié et le devoir de solidarité que nous devons aux musulmans modérés n’impliquent que nos élus favorisent un tel projet grandiose, diviseur ... et clientéliste.
SD
16:49 Publié dans Actualités , Démocratie , Fiscalité locale , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : islam, islamisme, musulman, mosquée
26 juin 2007
PANEM ET CIRCENSES
Pas d’outrance, pas d’excès, pas de provocation.
Ce samedi 23 juin 2007, notre auguste président régional multicartes (vidéo ici) fait dans la retenue, dans la sobriété, dans la tolérance et dans l’œcuménisme. Il inaugure le fameux stade de rugby du 21ème siècle, en cours de finition dans la partie sud-ouest de la ville.
Il se veut donc modeste – tout est relatif, bien sûr…- , désintéressé, dévoué à la cause des Montpelliérains. Il remercie tout le monde, même son « ami » le président du Conseil Général, même son «amie» la maire de Montpellier. Apparemment le « ruby » le rend plus aimable ou plus amnésique. Il feint de ne pas remarquer l’OVNI qui flotte au dessus de lui. Objet impressionnant de loin, siglé « Agglo de Montpellier » ; en fait une simple baudruche pleine de vent qui regarde les gens de haut .
Quelle impertinence !
Montpellier (c'est à dire lui et ses amis, je suppose) attend ce jour depuis 25 ans... C’est vrai ; il semble très fier de « sa » réalisation. C’est même celle dont il est le plus fier dit-il. C’est donc cela qui manquait pour faire, enfin, de Montpellier une ville prospère et apaisée. En tous cas, à défaut d'aider les chômeurs à trouver du travail, on pourra les distraire. Et ils en seront reconnaissants à notre bien-aimé président régional qui leur a "offert" – oui à ce niveau là offrir est facile ; c’est avec l’argent des autres - ce magnifique stade censé favoriser la propagation des fameuses "valeurs du rugby". Il ne faut pas sous-estimer l’aspect civique de cette dépense qui contribuera à l’éducation du peuple !
Un autre président multicartes et tous-terrains, mais de moindre importance et qui a «offert» moins, a pu profiter du micro lui aussi. Sans doute se disait il au départ que, quitte à gaspiller l’argent public, il préférait le faire sur des projets bien à lui, comme celui des Archives Départementales, plutôt que dans les projets de son « ami » qui, comme d’habitude, tirerait la couverture à lui. Mais, en vieux renard de la politique, il avait quand même mis au pot du stade quelques menus millions d’euros. Cette modeste obole lui permettait donc aujourd’hui de prendre la parole et de défendre, crinière blanche au vent, la bonne vieille rhétorique d’autrefois : « temple du rugby » ; « saisissant » ; « ode à la beauté » etc. Dans son élan il n’hésitait pas à nous dévoiler ce qui le guide : offrir la fête et le plaisir.
Après avoir rappelé à l’assistance quelques fêtes et festivités en cours ou à venir ces jours-ci ( fête de la musique, festival du théâtre d’Ô, festival de danse à Grammont etc. La liste est interminable dit-il…) il explique que la ville « porte le plaisir dans sa manière d’être », qu’elle offre un « concert de plaisirs ».
Sentencieusement il précise : "quand je reçois des décideurs et des investisseurs susceptibles de s'implanter ici, ils me demandent ce que le département de l’Hérault peut offrir comme plaisirs aux futurs ouvriers et employés ».
Vous pourriez penser qu’avec sa liste déjà interminable de plaisirs actuels notre président départemental dispose déjà d’une bonne force de frappe.
Eh bien non ; il manquait le stade de rugby qui devrait être l’argument supplémentaire qui va, enfin, faire pencher la balance du bon côté pour notre département. Donc, malgré les apparences, lui aussi (eux aussi devrais-je dire car il a plusieurs casquettes dorées), mène, à sa manière, une lutte acharnée et pertinente contre le chômage.
L’hédonisme n’est donc pas incompatible avec le socialisme …
Le cynisme, en tous cas, ne l’est plus depuis longtemps.
Ce n’est pas le cas de notre bonne maire ; un ami me confie : Cynique ta maire ? Tu n’y es pas; au contraire, le rugby la rafraîchit et la rajeunit. Regarde, aujourd’hui, c’est une gamine; elle frétille, elle s’émerveille devant la beauté du stade; magnifique ; fa-bu-leux ; mer-veil-leux ; ses yeux brillent, elle se voit déjà riche grâce aux retombées économiques du championnat. Pense un peu, elle l’a annoncé fièrement : la place de la Comédie va être la buvette du stade pendant les championnats ! Effectivement, on la sent prête à aller tenir le bar en cas de coup de feu trop intense ! Elle rêve à cette manne de pourboires laissés par les généreux supporters étrangers en goguette qui ne manqueront pas de l’aider à rester la maire meilleure gestionnaire de France , au moins.
Beaucoup d’autres personnalités importantes se sont auto-congratulées, se sont mutuellement félicitées et ont exprimé leur admiration réciproque.
C’était une bien belle réunion de famille, en toute simplicité, en toute convivialité. Comme il sied à de valeureux défenseurs des valeurs du rugby.
Elle s’est conclue par de joyeuses rafales de pétards et des lancers de confettis automatiques. Tout le monde était HEU-REUX. Un peu décontenancé par cette allégresse artificielle je me suis esquivé avant la fin des réjouissances. Gageons que, dans la grande tradition montpelliéraine, un copieux buffet avait été prévu pour permettre à nos orateurs et à leurs amis de se goberger aux frais de la princesse.
Du pain et des jeux. Les bonnes vieilles recettes sont les meilleures, surtout juste avant les élections.
Ils n'ont pas fini de nous faire les poches pour nous "offrir" de splendides équipements que personne ne demande…Serre tropicale, pôle multisports, centre d’art contemporain, etc. Un feu d’artifices d’inaugurations en perspective ! D’ailleurs notre bon président régional nous a prévenu. Il continue de se décarcasser pour nous.
Nous allons encore être gâtés.
Serge
PS1 : A propos savez vous ce que sont les « valeurs du rugby » ? J’ai lu que la première est le sens de l’humilité et de la simplicité.
Mais ça doit varier avec les régions…
PS2 : Le stade peut accueillir 12000 spectateurs. Samedi ils n’étaient que quelques milliers, venus en famille, paisibles ; ils n’avaient rien à payer, il faisait beau, ils n’avaient pas d’horaire fixe ; bref ils étaient détendus. Ils ont accepté sans broncher de patienter dans les bouchons sur les routes et ronds-points du voisinage. Qu’en sera-t-il si, un jour, il y a vraiment 12000 spectateurs ? Bien sûr nous avons un tramway-miracle. Mais la ligne est à 1 km ; il faut marcher. Les « valeurs du rugby » les convaincront ils qu’un kilomètre à pied est un exploit à leur portée ! J’en doute. Gare à la thrombose les jours de match !
PS3 : Le montpelliérain lambda ne peut que rester sceptique devant ce nouveau projet, démesuré pour une région pauvre, ( investissement de 63 millions d’euros et aussi, personne n’en parle, frais de fonctionnement à l’avenant). Ce stade était-il un investissement prioritaire pour la ville ? Apparemment rien n’est moins sûr. Montpellier dispose déjà dans le quartier de la Mosson d’un stade moderne de plus de 35000 places , c'est-à-dire très largement dimensionné pour le foot (il n’a jamais fait le plein de spectateurs jusqu’à présent…) ; ce stade, remis à neuf en 1997 à l’occasion de la coupe du monde de football, a encore été amélioré cette année pour pouvoir accueillir quatre rencontres du championnat du monde de rugby 2007 en septembre ; nous avions donc là des installations sportives polyvalentes, surdimensionnées, sous-utilisées, situées un peu à l’écart des zones résidentielles. Renoncer à optimiser l’emploi de ces installations et privilégier la construction ex nihilo d’un stade spécifique au rugby est une décision irrationnelle motivée par des arrière-pensées peut-être un brin clientélistes , à moins que ce ne soit qu'un nouveau joujou. C’est en tous cas bel exemple de décision prise « en haut » et imposée «démocratiquement » aux citoyens-contribuables.
PS4 : A supposer même que la construction d’un nouveau stade de rugby soit indispensable, pourquoi l’implanter en ville ? Pourquoi bétonner davantage dans une ville déjà asphyxiée? Pourquoi compliquer encore les problèmes de circulation et de sécurité déjà aigus alors que la solution de bon sens est d’insérer ces installations un peu à l’écart des zones résidentielles comme le font les autres villes , probablement sous-douées et moins visionnaires, mais terriblement plus soucieuses du bien-être de leurs habitants. Mais …chutt…. Ne gâchons pas la fête de nos pontifes !
01:55 Publié dans Actualités , Coup de coeur/Coup de griffe , Démocratie , Economie , Environnement , Fiscalité locale , Municipales 2008 , Politique | Lien permanent | Commentaires (6) |






