16 février 2008
LE MAÎTRE ET L'ELEVE
Quand Georges FRECHE a désigné "sa" ville « MONTPELLIER la surdouée » il pensait, bien sûr, à lui. Seule sa modestie naturelle l’empêcha d’être plus précis. En tous cas il a fait tout ce qu’il pouvait pour former son successeur à la mairie et lui apprendre les recettes qui lui permettraient -peut-être- d'acquérir elle aussi ce statut de "surdouée" ou, au moins, d'en donner l'illusion. La recette phare a été rappelée ce matin sur les antennes d’Europe n°1 dans le cadre de la chronique de Jacques Marseille et Jean-François Kahn. Pour ceux qui l’auraient oubliée une révision s'impose.
Cliquez sur la photo pour télécharger l'extrait sonore:
En résumé, pour Georges FRÊCHE et ses disciples, les Montpelliérains sont tellement stupides que c’est un jeu d’enfants de les berner et de se faire réélire indéfiniment...
Le plus triste c’est, bien sûr, que les derniers sondages publiés par le Midi Libre semblent lui donner –une fois de plus- raison. Hélène MANDROUX, sa fidèle et très obéissante élève, est bien partie pour remporter haut la main les élections municipales.
A moins que….
A moins que, au moment de s’engager pour 6 années de plus, les Montpelliérains sortent enfin de leur léthargie et se posent les questions suggérées par Jacques MARSEILLE. Ils se rendront compte alors que, malgré les impôts locaux stratosphériques, nous sommes toujours la région de France la plus pauvre, nous avons toujours à Montpellier l’un des taux de chômage les plus élevés. Ils verront que les gens modestes ne sont pas mieux traités que dans de nombreuses autres villes, que la circulation n'est pas plus facile qu'ailleurs etc.etc...
A moins que les Montpelliérains ne soient pas aussi stupides qu’on le dit.
19:00 Publié dans Démocratie, Fiscalité locale, Municipales 2008 | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : politique, Montpellier, Petitout, Frêche, Mandroux, municipales
13 février 2008
DEMOCRATIE CONFISQUEE
Démocratie façon septimanienne : « Il a été élu avec 20% des voix socialistes. Ceux qui ont voté pour lui sont des minables ! Je voudrais leur dire que je les méprise profondément ; un jour ou l’autre, j’aurai votre peau, ce n’est qu’une question de temps ». C’est en ces termes choisis que, selon Midi Libre, le président Frêche commentait, avant-hier 11 février, l’élection du sénateur Raymond Couderc. Ne pensez pas qu’il s’agit d’un dérapage isolé. Naguère la même personne avait publiquement déclaré : « Mes amis et moi, on tient tout. Ici les rouges contrôlent tout. Tous ceux qui nous affronteront seront brisés menu ! » Pendant longtemps ces déclarations tonitruantes ont été prises pour des fanfaronnades ; il était de bon ton de commenter, avec un sourire entendu : « Vous savez, c’est Georges. Il a tellement de qualités et on lui doit tant que l’on peut bien lui passer quelques petits écarts de langage… » Mais les sourires commencent à se crisper sérieusement, même chez ses affidés. Il faut se rendre à l’évidence. Le président Frêche n’est certainement pas dénué de qualités mais il excelle surtout dans la communication, dans l’autosatisfaction, dans l’anathème, dans la manipulation, dans le dénigrement. Le quotidien l’ennuie; il est fait pour l’outrance, la «castagne». Il a le goût du risque et du jeu ; il méprise la gestion rationnelle, les chiffres réels, les « besogneux »; il méprise la concertation et le compromis c'est-à-dire la démocratie. Il se voit visionnaire et stratège alors qu’il n’est peut-être qu’un habile manipulateur chimérique. Bref, les hauts faits de gloire relatés à satiété par ses hagiographes, commencent à paraître dérisoires au vu des réalités régionales : chômage, retard économique, retard dans les infrastructures, intégration ratée des minorités, développement démographique incontrôlé, ambiance débilitante… Tout le monde ou presque serait heureux de le voir se retirer avec élégance ou, à la rigueur, de le voir prendre l’habit du vieux sage bienveillant. Mais ne nous faisons pas d’illusions. Il veut rester le roi incontesté de son marigot. Il veut nous le faire sentir ; il est de plus en plus grossier et excessif en tout. malheureusement les citoyens d’ici - et tout particulièrement les Montpelliérains - hypnotisés, vont continuer à lui obéir et à le subir. Difficile de parler de démocratie dans cet environnement. Essayez quand même de regarder le petit clip vidéo "MONTPELLIER, démocratie confisquée". Et espérons.
Après tout, le pire n’est jamais sûr !
Clip vidéo
"MONTPELLIER
démocratie confisquée"

Version intégrale
"MONTPELLIER
miroir aux illusions"
11:20 Publié dans Démocratie, Fiscalité locale, Municipales 2008 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, Montpellier, Petitout, Frêche, Mandroux, municipales
09 novembre 2007
CONTE DE CAMPAGNE (2)
Avant la bataille
Les élections approchaient ; les ambitions commençaient à poindre ; des clans se formaient, d’autres se défaisaient. Le grand chef humait avec délectation cette odeur particulière, l'odeur de la poudre, annonciatrice des grandes batailles ; il se sentait renaître.
Oublié le traitement des déchets ménagers tombant de Charybde en Scylla depuis 20 ans dans l’attente d’une méthanisation miracle qui s’annonçait pourtant comme une étape de plus dans cette lente descente aux enfers. Oubliés les grincheux qui osaient protester contre le coût du (mauvais) traitement des ordures et contre l'impéritie des responsables du dossier.
Oubliées les affres de la circulation en ville que le plus joli tramway de France –en tous cas l’un des plus chers – n’avait pas encore réussi à apaiser faute d’un plan de circulation compréhensible, approuvé par les Montpelliérains. Oubliés les cyclistes ronchons et timorés qui osaient se plaindre au lieu d'exprimer leur reconnaissance à la Municipalité qui leur a préparé des pistes d'aventure.
Oublié le problème de l’eau traitée par une entreprise « exemplaire » dans le cadre d’un « contrat modèle » faisant la fierté du pouvoir en place depuis des années mais qui conduisait à l’un des prix au M3 les plus élevés de France sans que cela n'émeuve qui que ce soit à la mairie ou ailleurs.
Oubliés les rapports très critiques de la Chambre régionale des comptes sur le département, la ville et le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) décrivant dans le détail avec exemples à l'appui les nombreuses irrégularités constatées conduisant à une gestion hasardeuse et à un grand gâchis de l'argent public. (exemple (ici))
Oubliée la débâcle de la coupe du monde de rugby ; annoncée depuis des mois comme un événement marquant et rentable pour la région avec des chiffres et des projections savamment distillés par les experts après tous les voyages d'études - coûteux mais nécessaires nous disait on - Et finalement ... Pschitt...
Oublié le stade de rugby « le meilleur de la planète » - en tous cas l’un des plus coûteux – mais inutilisable pour la coupe du monde, mal situé, difficilement accessible par les transports en commun, peu accessible en voiture, critiqué par les riverains. Même les amateurs de rugby s'en plaignent… Aux dernières nouvelles une tribune commencerait à s'affaisser. Heureusement ce n'est pas la tribune officielle!
Oublié le flop du spectacle télévisé «Tenue de soirée» où les belles images de la ville furent noyées dans un flot de paroles mielleuses, de travellings sur une brochette de personnalités locales rangées en rang d’oignons dans l’ordre de préséance, applaudissant poliment les prestations convenues de vedettes vieillissantes. Payer si cher pour offrir cette image de petite ville de province vieillotte…
Oubliés tous les petits tracas misérables dont les médiocres, autour de lui, commençaient à oser lui faire grief.
Les Montpelliérains commençaient à être dégrisés, à réfléchir ; il était temps de les ramener dans le rêve et l’illusion. Ce ne serait pas très difficile pour le grand chef. Il avait une solide expérience en la matière.
Première étape : la presse locale
.
De grands encarts publicitaires apparurent pour proclamer le soutien de la Région au Club de la presse, à la liberté de la presse et à la liberté d’expression.
Ces grandes déclarations ne manquaient pas de sel.
En 2004, offensé par le fait que le Midi Libre ait osé rendre compte du mécontentement populaire suscité par le gâchis septimanien, le chef n’hésite pas à « punir » le journal à la manière d’un prince châtiant son laquais, en le privant des quasi-subventions qui sont de règle en province, c'est-à-dire de la publicité institutionnelle et des annonces légales. Mais, bon prince, il daignera faire preuve de clémence après une petite année de punition.
En d’autres lieux cette situation serait invraisemblable.
Car enfin, utiliser de l’argent public pour financer une publicité proclamant son attachement indéfectible à la liberté de la presse alors que, dans les faits, on condamne cette liberté, c’est faire preuve du plus grand mépris.
Mais le grand timonier connaît bien son monde.
Il sait que les journalistes discernent les atteintes à la liberté de la presse en Birmanie plus facilement que celles qui se passent à leur porte. Il faut bien vivre.
Il sait que les contribuables, fatigués de lutter à contre-courant, n'auront pas suffisamment de forces pour lutter contre la formidable inertie des citoyens blasés.
Il sait que les Montpelliérains préfèreront céder, encore un peu, à la facilité et à l’illusion plutôt que d’affronter un réveil brutal et douloureux.
Le chef a raison d’être confiant ; la première étape s’annonce sous les meilleurs auspices.
17:35 Publié dans Démocratie, Municipales 2008, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : municipales
31 octobre 2007
CONTE DE CAMPAGNE (1)
Plantons le décor
Il était une fois un pays béni des dieux, un pays de cocagne, un pays tranquille. Le décor et l’environnement y étaient pour beaucoup.
Le ciel bleu, la mer, le soleil, les étangs, la garrigue, les montagnes, les villes et les villages avec leurs rues tortueuses, leurs places ombragées, leurs vielles pierres chargées d’histoire. C’était un pays où il faisait bon vivre.
La vie n’était pas toujours facile pour tout le monde mais tous étaient vaguement conscients d’être
des privilégiés. On était peut-être moins riches que les gens du Nord mais on n’arrivait pas à les envier! Au contraire on les plaignait.
Il arrivait que l’on s’enflamme mais c’était généralement en paroles, c’était souvent un feu de paille ; et on revenait vite à la vie paisible. Trop paisible ?
Il fallait bien élire des chefs ; généralement le pays se choisissait des chefs à son image. Tranquilles. Trop tranquilles?
Un jour, par accident, par lassitude, par indifférence, un chef d’un nouveau genre fut choisi. Jeune, intelligent, instruit, courageux, dynamique, tacticien, volontaire mais surtout ambitieux et manipulateur. Il voulait mettre le pays à son service. Sa recette était très simple… et très efficace.
Il fallait de l’argent, le nerf de la guerre, comme chacun sait. Ce fut fait en pressurant une minorité de citoyens étiquetés « riches propriétaires » et en mettant au point un mécanisme, flou mais élaboré, d’achat et de revente de terrains et de logements, générateur de profits substantiels.
Il fallait pouvoir s’appuyer sur un clan dévoué sûr et fidèle capable de faire fonctionner les différents mécanismes soigneusement mis en place. Ce fut fait en utilisant la famille – au sens large- et en achetant les talents indispensables.
Il fallait s’attirer la bienveillance des gens les plus actifs. Ce fut fait en subventionnant les associations et en les couvrant de louanges aussi longtemps qu’elles n’étaient pas critiques du pouvoir en place.
Il fallait s’attirer la bienveillance ou, à tout le moins, la passivité des autres. Ce fut fait grâce à un savant mélange de flatterie, d’assistance calculée, de fêtes étourdissantes, de services « gratuits » bien ciblés et mis en scène.
Pendant longtemps cette stratégie se révéla payante. Le chef, de plus en plus habile et expérimenté, tenait son monde bien en main ; il excellait à réprimer les tentatives de rébellion. Il adorait faire étalage de son savoir-faire dans ce domaine, n’hésitant pas à ridiculiser en public ceux qui, même de sa famille, osaient un début de critique.
Mais après trente ans de règne, alors qu’il ne donnait aucun signe de vouloir se retirer en douceur, le climat commençait à changer. Et des élections approchaient. D’habitude ce n’était pas un problème car l’opposition était divisée et la machine du chef était bien huilée. Il n’y avait pas de surprise. Mais là, dans une élection périphérique, il venait d’y avoir une petite alerte qui avait pris tout le monde de court. Et le chef avait donné des signes de lassitude. Ses dérapages commençaient à effrayer même ses fidèles électeurs. Des membres de sa « famille », d’ordinaire serviles mais sentant le danger, tentaient maintenant de se démarquer.
Heureusement, il pouvait toujours compter sur l’opposition dont la priorité, comme d’habitude, était de se déchirer. Grâce à elle, il savait qu’il n’y avait pas péril en la demeure.
Néanmoins il fallait resserrer les boulons.
A suivre SD
PS : Martine PETITOUT et l’Association des Contribuables de l’Hérault s’apprêtent à diffuser un court métrage présentant la gestion de la ville sous un jour original. Attention, là, ce n’est pas un conte...
16:40 Publié dans Actualités, Démocratie, Fiscalité locale, Logement et urbanisme, Municipales 2008, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, municipales



